L’ouverture du Mois de la langue malgache, qui s’est tenue hier à l’Académie malgache à Tsimbazaza, a mis en lumière la richesse d’une langue capable d’évoluer et d’accompagner les connaissances de son époque.
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| Harilala Ranjatohery lors d’une interview à l’ouverture officielle du Mois de la langue malgache à l’Académie malgache. |
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment le Président de la Refondation de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, ainsi que de nombreux acteurs engagés dans la promotion de la langue malgache.
Bien plus qu’un simple héritage culturel, la langue malgache dispose des ressources nécessaires pour exprimer les réalités du monde contemporain. C’est l’un des messages forts transmis lors de cette ouverture officielle du Mois de la langue malgache à l’Académie malgache, placée sous le thème : « Teny malagasy : manavao, mampiray antsika » (« Langue malgache : innover et nous unir »).
Le colonel Randrianirina, Président de la Refondation, a souligné: « La langue malgache représente l’un des fondements de l’identité nationale. Malgré l’importance des langues étrangères dans l’accès aux connaissances, celles-ci ne doivent pas conduire à négliger la langue ancestrale. » Son développement exige une réflexion permanente sur l’enrichissement du vocabulaire ainsi que sur les traductions à l’oral et à l’écrit.
Le thème retenu cette année rappelle également la fonction fédératrice du malgache. Malgré l’existence de variantes régionales, il demeure une langue commune qui rassemble autour d’une identité partagée. Langue d’héritage et de transmission, elle accompagne l’évolution de la société tout en préservant ses racines.
Preuve de vitalité
Pour Harilala Ranjatohery, vice-président de la section Arts et Lettres de l’Académie, la capacité d’une langue à évoluer constitue la preuve de sa vitalité. Selon lui : « Comme toutes les langues vivantes, le malgache s’adapte aux différentes périodes de l’histoire et aux changements de la société; son évolution montre qu’il demeure une langue utilisée, entendue et transmise au quotidien. »
L’introduction constante de nouvelles connaissances, technologies et pratiques impose en effet la création ou l’adaptation de vocabulaires appropriés. Une démarche loin d’être exceptionnelle. Selon lui : « Toutes les langues du monde empruntent des termes ou les adaptent afin de répondre à de nouveaux besoins. » Le malgache suit cette même dynamique et dispose des ressources nécessaires pour exprimer les notions liées aux différents domaines du savoir.
Le spécialiste rappelle également que la langue malgache figure parmi les centaines de langues recensées à travers le monde. Sa richesse repose autant sur son histoire que sur sa capacité à intégrer de nouveaux concepts tout en conservant son identité. D’où l’importance de son usage quotidien, que ce soit dans les familles, les établissements scolaires, les milieux professionnels ou encore les espaces publics.
Selon Ranjatohery : « La langue joue un rôle fondamental dans la transmission de l’identité nationale. Elle constitue le lien qui unit les générations successives au sein d’un même peuple et participe à la préservation de la mémoire collective. »
Coordonné par l’Académie malgache, avec la participation du ministère de la Communication et de la Culture ainsi que de nombreuses associations, le Mois de la langue malgache se déroulera tout au long du mois de juin. Plusieurs initiatives seront organisées à Madagascar comme à l’étranger afin de promouvoir l’usage et le développement de la langue.
Cassie Ramiandrasoa
