Sponsors rares, budgets fragiles et sacrifices personnels : les clubs de rugby s’appuient sur la passion de leurs dirigeants pour survivre.
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| Les rugbywomen du SC Besarety dominent le championnat féminin depuis huit ans. |
Être à la tête d’un club de rugby à Madagascar relève souvent du sacerdoce. Les recettes sont limitées, les sponsors peu nombreux et les dépenses ne cessent d’augmenter. Pourtant, chaque week-end, les équipes continuent de faire vibrer les supporters. Derrière cette apparente stabilité se cachent des hommes et des femmes qui injectent temps, énergie et argent pour maintenir leurs structures à flot. C’est le cas du FT Manjakaray, du RCI et du SC Besarety.
Le cas du FT Manjakaray illustre parfaitement cette réalité. Champion de Madagascar en 2025, le club ne bénéficie pourtant d’aucun sponsor officiel. Son fonctionnement repose essentiellement sur les ressources personnelles de son président, qui a préféré garder l’anonymat.
Pour soutenir durablement son équipe, il a même développé une importante activité commerciale dans le secteur de la poissonnerie à Manjakaray. Chaque mois, le budget consacré au club dépasse les 15 millions d’ariary. Il couvre les équipements, les maillots, les déplacements et diverses charges liées à la compétition. Pour l’année en cours, un net recul des performances sportives du club est toutefois constaté.
À Antohomadinika, le Rosa Club de l’Imerina (RCI) a choisi un modèle différent. Héritier d’une longue tradition rugbystique, le club s’appuie sur une forte base communautaire. Avec près de deux cent cinquante membres, dont une cinquantaine de joueurs et plus de cent cinquante jeunes au sein de son école de rugby, le RCI tire une partie de ses ressources des cotisations de ses adhérents.
Un investissement sans retour financier
Son principal soutien financier est aujourd’hui la société Imex MCEMBT, dirigée par Maxime Lock et Claudia Rabetsivoh. L’entreprise accompagne le club à travers des équipements, des primes et diverses aides évaluées à près de 10 millions d’ariary par saison.
Le Sporting Club de Besarety compte trois cent vingt-cinq licenciés et une cinquantaine de parents et responsables impliqués dans la vie du club. Une partie du financement provient du président, tandis qu’une autre est générée par la gestion du parking de Besarety, dont les redevances alimentent les caisses du club.
Les dépenses mensuelles avoisinent les 14 millions d’ariary. Elles couvrent les équipements, les primes des joueurs et joueuses ainsi que les collations distribuées lors des entraînements. Un investissement conséquent qui porte ses fruits puisque les rugbywomen de Besarety dominent le championnat national depuis plus de huit ans.
« Le Sporting Club de Besarety figure parmi les grands clubs de la capitale. Pour mieux fonctionner, le budget occupe une place importante dans la gestion du club », confie Lanto Nirina Ravoavahy, coach du club féminin, qui assure le poste de président du club par intérim.
Ces trois clubs partagent le même constat : le rugby malgache repose largement sur des financements privés et des initiatives individuelles. Aucun des responsables interrogés n’évoque de bénéfices financiers. La pérennité des clubs dépend de quelques mécènes discrets. Sans eux, plusieurs institutions historiques du rugby de la capitale auraient sans doute déjà disparu.
Donné Raherinjatovo
