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| Le ministre Mandrindrarivony durant son interview à Fianarantsoa, diffusée lundi. |
« Nous préparons une loi.» Invité sur le plateau d’un média en ligne, à Fianarantsoa, lundi, O’Gascar Fenosoa Mandrindrarivony, ministre de la Communication et de la Culture, a fait part d’une intention de réguler l’utilisation des réseaux sociaux.
« Nous envisageons une loi pour encadrer les réseaux sociaux, dans le but de préserver les valeurs malgaches, de lutter contre le harcèlement, la diffamation et la désinformation », déclare le porte-parole du gouvernement. Il déplore les dérives sur les réseaux sociaux, faisant surtout référence aux invectives contre les tenants du pouvoir.
Le ministre de la Communication et de la Culture dénonce ainsi « une liberté débridée ». D’où l’idée, à l’entendre, de la préparation d’une loi pour réguler les réseaux sociaux, « puisque c’est souvent des réseaux sociaux que viennent les rumeurs et les Malgaches sont, malheureusement, perméables aux rumeurs ».
Les bonnes raisons
Le membre du gouvernement aligne l’intention d’encadrer l’usage des réseaux sociaux avec la dynamique de la refondation.
« Sommes-nous réellement prêts ? Allons-nous réguler ces réseaux sociaux ? », interroge-t-il alors. Le ministre Mandrindrarivony concède que cette initiative pourrait se heurter à des contestations pour atteinte à la liberté d’expression et d’opinion. Il prend l’exemple de « la France, de la Chine et de la Corée, des pays où l’usage des réseaux sociaux est encadré ».
L’exemple de la Chine sur ce point pourrait s’avérer inapproprié, puisque les réseaux sociaux internationaux y sont interdits pour des raisons politiques. La question des libertés individuelles est également limitée en Chine. Par ailleurs, pour la France, une loi qui restreint l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans a été adoptée par le Parlement.
L’initiative française part du principe qu’il faut protéger les enfants contre les risques d’addiction, d’exposition à des contenus violents, aux risques d’atteinte à leur santé mentale, liés aux réseaux sociaux. Dans la plupart des pays où ce débat est ouvert, tous s’accordent sur la nécessité d’encadrer l’usage des réseaux sociaux. À condition que ce soit pour les bonnes raisons.
À entendre les propos du ministre Mandrindrarivony, le risque serait que la régulation des réseaux sociaux, à Madagascar, soit dans le but de taire les invectives contre le pouvoir. De profonds travaux de réflexion et des débats inclusifs s’imposent sur le sujet afin d’éviter que la régulation ne devienne un muselage de la liberté d’expression et de la liberté d’opinion.
Garry Fabrice Ranaivoson
