PÊCHE ET ÉCONOMIE BLEUE - L’intérêt pour la mer à raviver

À l’occasion de la Semaine de l’océan à Toliara, chercheurs et spécialistes ont souligné l’importance de raviver l’intérêt pour la mer et de mieux valoriser les ressources marines de Madagascar. 

Les recommandations issues du colloque international portant sur le thème « Notre océan, notre héritage » seront remises aux autorités nationales et régionales.

Un colloque international sur l’océan a été organisé à Toliara pendant trois jours, du mercredi au vendredi dernier, dans la grande salle du Score Toliara. Plusieurs thématiques ont été abordées et auxquelles des spécialistes ont donné leur point de vue.Lors des restitutions et de la synthèse finale, il a été rappelé la nécessité de raviver l’intérêt des populations pour la mer, aussi bien chez les communautés côtières que dans l’ensemble du pays, considéré comme un État insulaire.

« Ce colloque a été particulier. Il a beaucoup évolué en idées et nouvelles idées sur la gouvernance, sur l’exploitation des ressources halieutiques et sur la politique de pêche. Mais il a été rappelé que la mer reste une grande ressource pour le pays », a reconnu Gildas Todinanahary, directeur de l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM). 

Les discussions ont également porté sur la situation dans la région Atsimo Andrefana, où plusieurs recherches ont été présentées. Le capital naturel y est évalué à quelques 56 000 ha, les herbiers évoluent sur près de 25 000 ha de surface. Uniquement sur les récifs de la région Atsimo Andrefana, la recherche menée par le département Économie de l’université de Toliara relate 829 000 dollars de capital net. Toutefois, il a été souligné que 53 % du capital est déjà perdu, en raison de la destruction des habitats marins.

Zone économique

Si la zone maritime du pays s’étend sur 1 140 000 km², la zone économique exclusive de la région Atsimo Andrefana est de 196 100 km². N’est-il pas temps de redéfinir la zone maritime du pays et de délimiter de nouveau jusqu’où Madagascar peut travailler? C’est l’une des questions discutées durant la thématique sur la souveraineté maritime et la gouvernance internationale des océans. 

La protection des espaces marins repose avant tout sur la maîtrise des connaissances, des données et de l’information. 

« La pêche crevettière malgache est un secteur clé de l’économie nationale mais est confrontée à la baisse des ressources et aux conflits entre pêche artisanale et industrielle», a soulevé le professeur Eulalie Ranaivoson, l’une des grandes chercheuses sur l’océan, enseignante à l’IHSM. 

Par ailleurs, le potentiel des macroalgues marines reste encore peu valorisé, bien que des perspectives de développement de cette filière soient à l’étude. Enfin, il a été rappelé qu’une gouvernance marine efficace repose sur une collaboration étroite entre les communautés locales, les institutions et les scientifiques, acteurs essentiels de la conservation des milieux marins.

 Mirana Ihariliva

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