MOBILITÉ URBAINE - La grève des transporteurs perturbe la vie des Antananariviens

Une grève des transporteurs a fortement affecté les déplacements dans l’agglomération d’Antananarivo, hier. À l’origine du mouvement, des contestations liées aux mesures de contrôle appliquées par la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA).

Les bus de l’État mobilisés pour ramasser les usagers des transports en commun.

De nombreux habitants ont rencontré des difficultés pour rejoindre leur lieu de travail. Les bus étaient quasiment absents sur les principaux axes desservant la capitale et les communes périphériques. L’essentiel des transporteurs a observé le mouvement. Quelques véhicules ayant tenté d’assurer le service ont été contraints d’interrompre leur trajet sous la pression de grévistes.

« En raison d’une absence totale de transports en commun ce jour-là, j’ai été dans l’impossibilité de me rendre à notre bureau d’Analakely après une heure et demie d’attente. Avec l’accord de la direction, j’ai été dispensé(e) de service pour la journée. Je m’engage à compenser ces heures d’absence au cours des prochains jours », indique Toky, habitant d’Ambohimangakely. D’autres usagers rapportent des retards importants. « Je ne suis arrivée au bureau qu’à 11 heures, alors que je dois normalement commencer à 9 heures. J’ai attendu un bus pendant une heure avant de poursuivre une partie du trajet à pied, le véhicule ayant été immobilisé en chemin », témoigne Soatiana.

Le mouvement a également entraîné des perturbations de la circulation. Des barrages ont été installés sur plusieurs axes routiers avant que les manifestants ne convergent vers l’hôtel de ville d’Analakely. 

Barrages

Les transporteurs dénoncent notamment le montant des sanctions financières appliquées à certaines infractions.

« Le 11 juin, un agent de la Police municipale a confisqué mes papiers après qu’un voyageur est monté dans mon véhicule dans un embouteillage à Ambohijatovo. Lorsque je suis allé récupérer les documents à Anosipatrana, il m’a été demandé de payer 280 000 ariary. Depuis, je ne travaille plus faute de pouvoir réunir cette somme », affirme Tsiry Andrianantenaina, transporteur de la ligne 147.

Devant l’hôtel de ville, des incidents ont été signalés. Des jets de pierres ont endommagé un véhicule de la Commune urbaine d’Antananarivo. Un manifestant a été interpellé. Les forces de l’ordre ont été déployées autour du bâtiment communal afin de contenir le rassemblement.

La CUA a indiqué que les mesures récemment mises en œuvre visent à assurer le respect de la réglementation, la sécurité des usagers et le maintien de l’ordre public. Elle affirme qu’elles ne poursuivent aucun objectif financier.

À l’issue de discussions réunissant des représentants des transporteurs, des responsables de la CUA et des membres du gouvernement, il a été annoncé qu’aucun agent de la Police municipale ne serait autorisé à confisquer des documents administratifs jusqu’à nouvel ordre. Dans la foulée, plusieurs représentants du secteur ont annoncé une reprise progressive du service à partir de ce jour.

L’État déploie des bus de substitution

Afin de limiter les conséquences de la grève, l’État a mobilisé les bus récemment importés de Chine. Dix-sept lignes ont été desservies entre le centre-ville et plusieurs communes périphériques, dont Ivato, Fenoarivo-Atsimondrano, Alasora et Ambohimalaza. Selon les informations disponibles, ces véhicules continueront d’assurer le service aujourd’hui. Les trajets sont gratuits pour les usagers.

Miangaly Ralitera

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