Le projet de loi de finances rectificative a été adopté avec amendement par l’Assemblée nationale, hier. Durant les débats, la baisse significative du budget du département chargé de l’eau, appliquée lors des travaux de commission, a été pointée du doigt.
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| Un député demandant un point d’ordre durant les débats d’hier. |
Une incohérence. C’est ce que plusieurs députés ont relevé durant les débats en vue de l’adoption du projet de loi de finances rectificative, hier, à l’Assemblée nationale, Tsimbazaza. Une incohérence, pointée du doigt, concernant le budget prévu pour le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène.
Les élus présents ont adopté à l’unanimité la version amendée du texte budgétaire. En principe, dans la liste des amendements apportés au projet de loi de finances rectificative devrait figurer celui concernant le budget du ministère de l’Eau. Ceux qui ont pris part aux travaux de commission, la semaine dernière, ont en effet décidé de réduire de façon substantielle le crédit destiné à ce département ministériel. Ce dernier dont la vocation est de mener les projets d’accès à l’eau potable, notamment.
Cette amputation budgétaire serait de l’ordre d’environ 40 milliards d’ariary. Une décision qui entraîne un vif débat durant la séance plénière d’hier. Une incompréhension que certains députés, dans la matinée, ont déjà soulevée durant les débats sur la modification de l’ordre du jour de la Chambre basse, afin d’y inscrire le vote du projet de loi de finances rectificative, dans l’après-midi. « L’accès et l’approvisionnement en eau ont été parmi les principales raisons de la crise que nous avons vécue l’année dernière, et aujourd’hui, nous réduisons le budget y afférent», s’interroge un élu.
« Déjà qu’avec le budget initial, les projets d’accès à l’eau potable ne parvenaient pas à atteindre tous les districts. Maintenant nous allons le réduire », s’insurge le député Velomihoatra Painchard Andriamanantena, élu à Farafangana, en ajoutant : « Je le réitère, Madagascar n’est pas juste Antananarivo. Les localités dans nos districts, eux aussi, rencontrent des problèmes d’eau depuis longtemps.» Herimanantsoa Odilon Bototefy, député de Vondrozo, a souligné le fait que la réduction concerne principalement le budget d’investissement.
À entendre les prises de parole à l’institution de Tsimbazaza, hier, « la faible exécution budgétaire » du ministère de l’Eau, durant l’exercice 2025, est la raison de cette imputation budgétaire apportée durant les travaux de commission. Pourtant, il a été souligné durant les débats d’hier que cette faiblesse de l’exécution concerne l’ensemble des entités publiques. Par ailleurs, pour le premier semestre de cette année 2026, la moyenne du taux d’exécution budgétaire serait de 21 %.
Risques politiques
« À mon avis, la responsabilité de la faiblesse du taux d’exécution budgétaire n’est pas à imputer aux seuls ministères. D’autant plus que les équipes actuelles ne sont en poste que depuis quelques mois. Je pense qu’il est temps de revoir les procédures d’engagement budgétaire. Comment voulez-vous travailler lorsque l’engagement budgétaire ne s’ouvre qu’en mars et est clôturé avant même la fin de l’année ? », soutient l’élu de Vondrozo.
Dans une intervention empreinte de sous-entendus, le député Fidèle Razara Pierre, élu à Ambatondrazaka, met l’accent sur les risques politiques de l’initiative actée en commission. « Nous comptons réduire de manière conséquente le budget à allouer à un des secteurs qui fait le plus mal à la population. Cela pourrait se retourner contre nous. Les enjeux de l’eau et de l’électricité sont les mêmes», assène le vice-président de la Chambre basse pour la province de Toamasina.
Une hausse de 40 milliards d’ariary a, en effet, été appliquée au budget du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures. Une somme qui, selon les explications de Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, « sera mise à disposition de la Jirama », pour financer l’approvisionnement en carburant des centrales thermiques durant la période d’étiage, « afin d’éviter les délestages ».
Pour rassurer les parlementaires, le docteur Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, a mis en avant le fait que l’État mise aussi sur la coopération internationale pour financer les projets d’approvisionnement et d’accès à l’eau potable. Le rétablissement au budget prévu initialement, soit d’un peu plus de 443 milliards d’ariary, du budget destiné au ministère de l’Eau a toutefois été requis durant la séance plénière d’hier.
« Sur le budget de l’eau, une solution a déjà été trouvée. Nous n’avons plus besoin d’y revenir », réplique Siteny Randrianasoloniaiko, en faisant référence à une rencontre avec des responsables du département y afférent dans la matinée. Face à l’insistance des députés, il a ajouté : « Si vous voulez qu’on augmente le budget de l’eau, nous allons le faire. »
Le patron de la Chambre basse n’a toutefois pas précisé quelle est cette solution trouvée sur le budget de l’eau. Certains élus, comme le député Razara Pierre, ont demandé à ce que soient précisés les amendements apportés lorsque viendrait le moment de passer au vote du projet de loi de finances rectificative. Finalement, à l’issue de sept heures et demie de débats, le vote du texte budgétaire a été fait chapitre par chapitre sans entrer dans les détails. Jusqu’au bout de la séance, il n’a pas été indiqué ce qu’il en était exactement du budget de l’eau.
Garry Fabrice Ranaivoson

Bravo à nos Politiciens, déjà que nous manquons régulièrement d'eau ... vive la refondation aquatique !!
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