Une tempête dans un verre d’eau. La Taxe sur les véhicules à moteur a été tuée dans l’œuf. La faute aux pauvres contribuables et aux réseaux sociaux, qui sont les véritables porte-voix de la population. Il a suffi d’un tollé général des propriétaires de vieux véhicules du transport public, qui ont toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, pour que l’État renonce à l’application de cette nouvelle taxe. Mais la vraie aberration incombe aux députés, qui ont déjà adopté cette taxe dans la loi de finances initiale avant de la contester. C’est d’autant plus surprenant que ce sont les mêmes députés de l’ancienne majorité, passés dans l’autre camp, qui annoncent leur veto.
Ce qui prouve, si besoin est, et depuis la nuit des temps, que l’adoption des projets de loi et des propositions de loi se fait les yeux fermés à Tsimbazaza. La loi de finances est déjà difficile à décortiquer, même pour ceux qui sont censés la comprendre. A fortiori, c’est compliqué pour des députés dont la plupart sont élus davantage pour leur popularité que pour leur compétence. Ce qui explique le fait que le gouvernement ne s’empresse guère de déposer la loi de finances à Tsimbazaza. Le résultat sera le même, que les députés l’examinent ou non en vingt-quatre heures. Les amendements sont juste des formalités qui n’ont jamais été retenues. On verra s’ils vont, en revanche, adopter l’augmentation du budget de la présidence et de l’Assemblée nationale.
Le problème se compliquera, étant donné que les recettes vont diminuer avec l’abandon de la TVM, alors que les dépenses vont augmenter. Comment l’État va-t-il faire pour solder le passif avec l’actif, comme l’exigent les bailleurs de fonds ? Il faut savoir qu’à cause de la faiblesse des recettes fiscales, douanières et d’exportation de l’État, les bailleurs de fonds, qui fournissent 80 % du budget, ont établi un plan de redressement avec des mesures contraignantes, voire asphyxiantes pour la population. C’est la raison pour laquelle l’État a toujours voulu atermoyer l’application de ces mesures concernant le carburant, la Jirama, l’Irsa, les droits d’accise… au risque de se voir refuser des subventions comme la Facilité élargie de crédit et le Fonds pour la résilience et la durabilité.
C’est le dilemme qui tenaille le gouvernement depuis l’époque Ratsiraka. Entre les mesures impopulaires et les froissements des billets verts, le cœur balance, l’esprit vacille. Résultat des courses : en plus de quarante ans de collaboration avec les bailleurs de fonds, le pays s’est enlisé dans une pauvreté à perte de vue, le paradis socialiste reste à quérir. S’il suffisait de prier.
Sylvain Ranjalahy
Conclusion ! La "FAUTE" au colonialisme !
RépondreSupprimerOÙ TRÈS CERTAINEMENT AUX POLITICITIENS MALGACHES qui eux avec des petits salaires possèdent des propriétés €500/700k IMPOSSIBLES a avoir en recevant 3500€ mensuellement ?