Incecte

Une intéressante manifestation pendant le weekend sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Plusieurs stands dont le thème est aussi varié les uns que les autres étaient ouverts aux visiteurs, la plupart jeunes. Ils étaient venus plus pour l’animation musicale et les matchs de basketball 3x3 que l’on appelait play ground de l’époque de Michael Jordan, Magic Johnson et Shaquille O’neal. Eh oui, les exploits des Ankoay au Mondial au même moment font inévitablement des émules. Mais un stand a attiré particulièrement l’intention. Celui du parc zoologique et botanique de Tsimbazaza. Un petit juste achalandé de ce qui reste peut-être du patrimoine conservé à Tsimbazaza. Quelques espèces de coléoptères, de sauterelles, de papillons, un tenrec (trandraka), empaillé, des fourmis et un menarana (vipère) inoffensif et inanimé dans un bocal. La responsable du stand expliquait surtout l’utilité de ces petites créatures dans la conservation de l’écosystème ainsi que le caractère prédateur des uns sur les autres. 

La plupart des jeunes visiteurs ont vu pour la première fois la beauté des papillons, les variétés des sauterelles, les espèces de votay (scarabée) et de voangory (hannetons). Il en va de même des libellules, des bombyx…En revanche, ils connaissent bien les cafards et les souris. 

Même certaines espèces d’oiseau sont de plus en plus rares comme les corbeaux, les milans (papango), les hirondelles. Il faut aller à Ampefy à l’hôtel L’Eucalyptus pour retrouver une colonie de corbeaux alors que les takatra (ombrette africaine) sont devenus des espèces rares. 

Les prétendus protecteurs de l’environnement ne semblent pas se soucier de cette disparition manifeste de plusieurs espèces d’animaux et d’insectes. Leur souci majeur reste la déforestation qui est certes une cause de ce drame mais aucun effort de reproduction ne figure au programme des amis de la nature. C’est ailleurs que les autruches se reproduisent ainsi que les lémuriens. 

Un dilemme se pose et il est crucial. Pourquoi consacrer des sommes colossales pour protéger la nature alors que beaucoup de gens vivent dans le dénuement et une extrême pauvreté. N’est-il pas mieux de construire des écoles, des usines, construire des canaux d’irrigation au lieu de consacrer des sommes colossales pour lutter contre l’invasion acridienne qui est cyclique et imbattable. 

D’ailleurs, l’utilisation massive d’insecticides fait également partie des causes de la disparition de plusieurs insectes. Tout simplement qu’outre les sauterelles, les autres insectes sont aussi exterminés sans aucune possibilité de régénération. 

La situation saute aux yeux aussi bien en ville que dans les campagnes. Même les proverbes n’ont plus aucun sens à l’image de « fitiavam-boan-gory no anenjeham-boatay » (l’obsession pour un hanneton fait courir pour un scarabée), « sambom-balala mainandro, tsy azo anio alaiko rahampitso » (chasse aux sauterelles sous la chaleur, si c’est raté aujourd’hui, je l’aurai demain), « ny valala tsy indroa mandry am-bavahady » (Une sauterelle ne vient pas deux fois devant ta porte), « valala iray ifanapahana » (une sauterelle se mange à deux). 

Les académiciens doivent désormais trouver de nouveaux proverbes adaptés à la situation environnementale. À vos méninges.

Sylvain Ranjalahy 

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