La procédure de levée de l’immunité parlementaire du député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, suscite une vive réaction de l’intéressé. Face à cette démarche, l’élu multiplie les déclarations publiques et les descentes sur le terrain.
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| Le député Antoine Rajerison à la rencontre des habitants de Manalalondo, samedi dernier. |
Le dossier relatif à la levée de l’immunité parlementaire du député Antoine Rajerison attire actuellement une attention particulière, tant au sein de l’opinion publique que de la classe politique. Alors que le bureau permanent de l’Assemblée nationale est appelé à examiner la demande introduite par le ministère de la Justice, le député concerné intensifie ses prises de position. Après ses récentes déclarations à la presse au palais de Tsimbazaza, en marge d’une séance plénière, Antoine Rajerison s’est rendu sur le terrain pour rencontrer les habitants de sa circonscription. Samedi dernier, il était à Manalalondo où il a tenu un discours à forte portée politique.
Devant la population, il a affirmé sa détermination à « défendre la vérité jusqu’au bout » et dénoncé ce qu’il qualifie de « mensonges fabriqués par le régime actuel ».
« Ils peuvent lever mon immunité parlementaire, mais vous êtes ma véritable immunité », a-t-il lancé à l’endroit des habitants venus l’accueillir. Des propos qui alimentent les débats au sein de l’opinion.
Dans la continuité de cette stratégie de communication, le député a également publié sur sa page Facebook une vidéo montrant l’accueil qui lui avait été réservé par les habitants d’Arivonimamo après son arrestation par l’ancien régime, le 30 septembre 2025. Il y affirme être prêt à revivre une telle mobilisation, « avec une foule cent fois plus nombreuse », si les autorités actuelles persistent dans leur démarche.
Un acteur clé du mouvement de 2025
Au-delà de l’actualité judiciaire, Antoine Rajerison reste identifié comme l’un des acteurs politiques engagés dans le mouvement ayant conduit à la chute du régime précédent. Aux côtés de plusieurs organisations, notamment des associations de jeunes telles que la Génération YZ, il avait activement participé aux mobilisations populaires. Cette implication lui avait valu une arrestation en septembre 2025 à Tsiadana, en pleine contestation, par les forces de l’ordre. Dans sa circonscription d’Arivonimamo, il s’était notamment illustré par sa capacité à mobiliser les populations contre l’ancien régime.
Actuellement, la déclaration de la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, annonçant le dépôt de la demande de levée de son immunité parlementaire, laisse entrevoir la possibilité d’une nouvelle interpellation. Cette fois-ci, elle interviendrait sous l’autorité du régime de la Refondation.
Pour sa part, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a récemment rappelé les dispositions constitutionnelles encadrant les poursuites contre les députés. S’appuyant sur l’article 73 de la Constitution, il a souligné qu’« aucun député ne peut, pendant les sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée, sauf en cas de flagrant délit ».
Doris Mampionona
