L’instructeur technique des arbitres et actuel président de la commission centrale des arbitres confirme l’autorité de sa fonction.
Quels sont les critères de désignation d’un arbitre pour un match de clubs élites à Madagascar ?
Il n’y a pas de critères spécifiques. Il doit d’abord passer le fitness test et avoir une bonne condition physique, c’est-à-dire être apte physiquement. Il devrait maîtriser parfaitement les lois du jeu et tout le règlement. L’idéal est d’avoir au moins le diplôme du baccalauréat et de maîtriser d’autres langues que le malgache, comme le français et l’anglais, pour espérer aller plus loin à l’international. D’ailleurs, chaque arbitre devrait faire son rapport en français. Nous pourrons désigner tous les arbitres, sans distinction de grade, qu’ils soient régionaux, nationaux ou internationaux, pour officier un match du championnat national ou de la coupe. Je trouve même, chez nous, que les arbitres régionaux sont plus motivés pour démontrer aussi qu’ils sont capables.
Qu’est-ce qui est le plus délicat dans la désignation ?
Nous sommes des techniciens, donc nous désignons les arbitres selon leur profil technique. Un bon arbitre doit être autoritaire sur le terrain et maîtriser parfaitement le règlement. Il ne doit pas se laisser faire. Quand je désigne un arbitre pour officier un match, j’engage ma responsabilité sur sa compétence. L’arbitre est le maître de cérémonie d’un match. Le problème, à Madagascar, c’est que les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants, mais aussi les spectateurs, veulent souvent montrer qu’ils maîtrisent mieux que nous le métier et le règlement. Nous ne sommes pas respectés. Les contestations inutiles sont courantes chez nous. L’arbitre qui officie un match ne fait qu’appliquer le règlement. Parfois, nous ne sifflons pas une faute mineure afin de préserver le spectacle. Même récemment, un arbitre n’a pas sifflé une faute de main en Ligue des champions, certainement pour une raison. C’est comme lorsqu’un public apprécie une chanson : on ne va pas interrompre l’ambiance.
Durant votre carrière, y a-t-il eu des dirigeants de club qui ont essayé de vous corrompre ?
Aucun cas n’a été signalé depuis ma nomination à la tête de la commission centrale des arbitres, en décembre. Je n’ai jamais reçu, jusqu’ici, de rapport faisant état d’un soupçon de corruption. Nous allons poursuivre dans ce sens. Pour nous, le mot d’ordre est clair : que le meilleur gagne. Je souligne que tous les clubs investissent beaucoup dans leur gestion, et pas seulement quelques-uns qui essaient d’imposer leur volonté ou d’influencer les décisions. Nous tenons donc à exercer notre métier en toute liberté. Personnellement, je suis libre dans mes désignations. Lorsque j’étais encore en exercice et que j’officiais sur le terrain, certains dirigeants ou entraîneurs amis espéraient que je prenne des décisions en leur faveur, mais cela n’a jamais été le cas. J’ai pu exercer ce métier durant plusieurs mandats, sous trois présidents de fédération différents, sans incident.
Serge Rasanda
