Les revenus carbone financent le développement local autour des aires protégées. De nouvelles infrastructures vont améliorer le niveau de vie de la population à Andasibe.
![]() |
| Les autorités et les villageois, devant le barrage à Mahatsara. |
La pratique de la culture sur brûlis a diminué dans la commune d’Andasibe. «Les données chiffrées manquent, mais la réalité du terrain est flagrante. Dans les zones autrefois prises d’assaut par les exploitants, la présence humaine se réduit à une poignée d’individus et les parcelles brûlées s’amenuisent», affirme Joelson Ralaivaonirina, directeur régional de l’Environnement et du développement durable Alaotra Mangoro, lundi, lors de l’inauguration d’un micro-périmètre irrigué à Mahatsara Andasibe, construit avec la première tranche des revenus carbone, dans le cadre du Programme national de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation de forêts Atiala Atsinanana (PREAA) REDD+, financé par la Banque mondiale.
Cette dynamique positive découle de l’intensification des campagnes de sensibilisation, portées par cette manne des crédits carbone. «Un accord a été conclu avec le programme pour mettre fin à la culture sur brûlis. Nous avons, toutefois, posé des conditions. S’ils nous interdisent le tavy, ils devraient nous construire un barrage pour que nous puissions cultiver», a indiqué Marcel Randriamanantena, un paysan du fokontany Mahatsara. Depuis l’an dernier, les habitants concernés ont cessé d’y recourir.
Surplus
Le chantier qui les attend pour valoriser le nouveau barrage et en faire leurs nouvelles sources de revenu est colossal. Ils doivent encore façonner les terres pour en faire des rizières. Malgré ce défi, ils ne reculent pas. Ils sont convaincus que le tavy n’est plus une solution viable. «J’avoue, je pratiquai de tavy avant, mais j’ai arrêté, car cela ne m’apporte plus beaucoup», témoigne Angeline Rabenantoandro. Ces paysans avancent qu’au début, pour 100 mesures de semence, ils obtenaient 5 à 6 tonnes de riz. Mais qu’aujourd’hui, à peine s’ils obtiennent 500 mesures de riz. Le MNP leur a promis que cette infrastructure va améliorer leur niveau de vie. «La surface rizicole irriguée n’était que d’un demi-hectare auparavant, elle sera multipliée par dix, avec ce barrage. Cela permettra d’améliorer l’autosuffisance alimentaire et, j’en suis convaincue, de dégager un surplus de production que nous pourrons commercialiser pour augmenter nos revenus», a déclaré Ony Rakotoarisoa, directrice générale du MNP.
Le tavy n’est toutefois pas encore totalement éliminé. Plusieurs paysans dans la région Alaotra Mangoro, comme à Lakato, Anosibe An’Ala, Ambatondrazaka, Andilamena, continuent à y avoir recours. Lors de la cérémonie d’inauguration du barrage, le ministre de l’Environnement et du développement durable, Nolave Luck Aristide Andriatsihala, a vivement encouragé la population à préserver la forêt. «Cette forêt est une véritable source de vie, qui préserve au lieu de détruire. Sa protection constitue ainsi une garantie de retombées positives pour l’ensemble de la population», a-t-il déclaré.
Miangaly Ralitera
