Portée par l’essor du commerce en ligne, l’activité de livraison connaît une forte croissance. Derrière cette dynamique se cache toutefois un métier exigeant.
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| Le vélo s’impose comme le moyen de transport privilégié des livreurs. |
À 15 heures, hier, Herikolo a finalement posé son sac de livraison. « Je ne suis pas seulement épuisé physiquement, le moral aussi a pris un coup », confie-t-il. Sur les sept livraisons qu’il a effectuées entre Behoririka et Ambatolampy Tsimahafotsy, trois articles n’ont pas pu être remis à leurs destinataires. « Entre une cliente injoignable et deux colis refusés, ma journée a pris une tournure amère. Ces trois courses ne m’ont généré aucune rémunération, alors que chaque coup de pédale a été éprouvant », explique-t-il.
Ces situations sont fréquentes, selon les professionnels du secteur. « Nous travaillons avec des délais serrés, mais certains clients nous font attendre parfois près d’une heure. Ce retard se répercute sur toute la tournée et ce sont souvent les clients suivants qui expriment leur mécontentement », témoigne Jaona Ranaivoson.
Au-delà des contraintes horaires, le métier exige un effort physique constant. Pour des raisons économiques, la majorité des livreurs effectuent leurs déplacements à vélo, parcourant parfois de longues distances. « Chaque soir, j’ai l’impression d’avoir épuisé toutes mes forces », résume Jaona Ranaivoson. Vonjy Randrianoely, autre livreur, assure jusqu’à une quinzaine de livraisons par jour et parcourt parfois une trentaine de kilomètres aller-retour. Les frais de livraison varient généralement entre 3 000 et 8 000 ariary selon la destination.
Méfiance
La question de la sécurité demeure également une préoccupation majeure.
« Il nous arrive d’être victimes de vols », indique Jaona Ranaivoson. Les livreurs exercent souvent sans dispositif de protection particulier. « L’un de nos collègues s’est fait dérober les produits qu’il devait livrer. Il a pourtant été tenu pour responsable, le client ayant mis en doute sa version des faits », rapporte-t-il. Une situation qui nourrit la méfiance dans un secteur où quelques comportements frauduleux ont parfois entamé la confiance des consommateurs.
Malgré ces difficultés, le secteur continue d’attirer de nouveaux acteurs. « Le marché de la vente en ligne est en pleine expansion, ce qui pousse de nombreuses personnes à investir ce créneau», explique un responsable de l’agence Sprint Livraison Mada, présente sur le marché depuis trois semaines.
Les professionnels du secteur estiment que l’activité peut constituer une source de revenus viable, à condition que les engagements des clients soient respectés et que les conditions de sécurité des livreurs soient renforcées.
Miangaly Ralitera
