La ville d’Antsiranana a marqué le 31 mai, Journée mondiale sans tabac. Malgré le dimanche et la fête des mères, associations et organismes ont sensibilisé le public aux effets néfastes du tabac sur la santé et à la lutte contre le tabagisme.
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| Des autorités régionales ont accompagné le ministre de la Santé publique lors du carnaval de mobilisation de la ville d’Antsiranana. |
Précédé d’un carnaval qui a circulé dans les artères de la ville, une série d’animations était centrée sur la place Foch, devant l’hôtel de ville. L’occasion, placée sous le thème « Démasquer l’attrait, lutter contre la dépendance à la nicotine et au tabac », a permis à l’organisation d’apporter plus de sensibilisation au public. Derrière chaque cigarette se cache une menace invisible mais bien réelle. Malgré les campagnes de sensibilisation et les avertissements sanitaires, la consommation de tabac continue de faire des ravages, touchant aussi bien les fumeurs que leur entourage.
Selon les explications, le tabac ne tue pas instantanément. Il s’infiltre lentement dans l’organisme, détériorant progressivement les poumons, le cœur et les vaisseaux sanguins. Cette fumée, souvent banalisée, est pourtant chargée de milliers de substances chimiques, dont plusieurs dizaines sont reconnues comme cancérigènes. Cancer du poumon, maladies cardiovasculaires, accidents vasculaires cérébraux, insuffisances respiratoires : la liste des pathologies liées au tabagisme ne cesse de s’allonger.
Chez les jeunes, la situation suscite une préoccupation particulière. L’âge d’initiation au tabac tend à diminuer, favorisé par la pression sociale, la curiosité ou encore une perception erronée des risques. Une dépendance qui s’installe souvent dès l’adolescence et dont il est difficile de se libérer à l’âge adulte. Selon le Global Youth Tobacco Survey, 10 % des élèves âgés de 13 à 15 ans fument régulièrement du tabac et 9 % fument régulièrement des cigarettes.
Ils sont en train de détruire sérieusement et silencieusement leur avenir. En outre, certains pourraient croire que le tabac fait tourner l’économie.
Préoccupation
« Environ huit mille personnes perdent la vie chaque année à cause du tabac. Les chiffres sont particulièrement préoccupants chez les adultes. Environ 38,7 % des hommes et 14,8 % des femmes âgées de 15 à 49 ans consomment au moins une forme de tabac », a affirmé le représentant de l’Organisation mondiale de la santé à Madagascar, Dr Maurice Ye, qui a fait un déplacement dans la capitale du Nord avec le ministre de la Santé publique, Monira Managna. Cette dernière a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer la lutte contre le tabac, tout en soulignant l’importance de la mobilisation de tous les acteurs, pouvoirs publics, établissements scolaires, organisations de la société civile et familles, pour protéger les générations futures des méfaits du tabac.
Le danger est d’autant plus préoccupant qu’il ne touche pas uniquement les fumeurs. Les personnes non-fumeuses vivant ou côtoyant régulièrement des fumeurs sont également exposées aux effets nocifs du tabagisme passif, qui est un danger silencieux qui tue.
Selon l’étude économique sur la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), à Madagascar, plus de 2 300 décès sont attribués chaque année au tabagisme passif. Parmi ces victimes, 752 sont des enfants de moins de 15 ans, soit près de 9 % des décès liés à cette exposition involontaire.
Face à ce fléau silencieux, les autorités sanitaires et les organisations de lutte contre le tabac multiplient les actions de prévention. Par ailleurs, l’État met en place des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement destinés aux personnes souhaitant arrêter de fumer.
Raheriniaina
