| Les membres du syndicat Serema et une partie du personnel expriment leur désaccord après la nomination du nouveau directeur général. |
La nomination du directeur général de la Société d’Études, de Construction et de Réparation Navales (Secren) S.A. retient actuellement l’attention de l’opinion, notamment après la décision du conseil d’administration de désigner, selon les informations recueillies, Félicien Milison à la tête de l’entreprise.
Cette décision suscite toutefois des réactions contrastées. De son côté, l’association des cadres de la Secren a publié une déclaration dans laquelle elle remercie l’État pour les mesures prises en faveur du redressement de l’entreprise. Elle cite notamment le paiement des arriérés de salaires ainsi que l’inscription du dossier Secren dans la Loi de finances rectificative 2026.
Mais jeudi dernier, une partie des employés de la Secren, regroupée notamment au sein du syndicat Serema, a exprimé son désaccord après la nomination du nouveau directeur général appelé à prendre la succession de Abel Ntsay. Les contestataires estiment que le profil désigné ne correspond ni aux critères qu’ils avaient défendus, ni à l’esprit de changement qu’ils réclamaient pour l’entreprise. Or, ils reconnaissent que Félicien Milison figurait bien parmi les trois noms proposés avant l’appel à manifestation d’intérêt.
Mépris
Selon leur déclaration, celui-ci aurait par la suite pris ses distances avec leur position et utilisé de manière contestée les documents établis dans le cadre de leurs démarches. Ils considèrent cette décision comme une forme de mépris à l’égard de leur mobilisation et de leurs revendications. Certains vont jusqu’à estimer qu’il aurait minimisé, voire tourné en dérision, leur combat.
Les contestataires rappellent que, dans d’autres entités et services, des profils nouveaux, jugés compatibles avec la dynamique de changement, ont été placés à des postes de responsabilité. Ils regrettent que, dans le cas de la Secren, cette logique n’ait pas été respectée.
À leurs yeux, le choix aurait dû se porter sur Alphonse Razafidrabe, présenté comme le troisième nom de la liste et comme une personne ayant, selon eux, accompagné leur lutte visant à dénoncer ce qu’ils considéraient comme une mauvaise gestion de l’entreprise. Ils affirment que ce dernier aurait échangé avec les employés et proposé une stratégie de redressement de la Secren. À l’inverse, ils reprochent au nouveau directeur général désigné de ne pas avoir engagé de concertation avec eux et d’être parti discrètement à Antananarivo sans dialogue préalable.
« Nous nous tournons vers le président de la Refondation de la République, Michaël Randrianirina, car, lors de notre rencontre du 7 janvier, il avait déclaré que la solution viendrait de nous. Pourquoi alors nommer à la tête de la Secren une personne qui ne correspond pas à la proposition que nous avons défendue ? », s’interroge le porte-parole des contestataires, Hamad Jiry, délégué du syndicat Serema.
Ces derniers estiment qu’aucune enquête approfondie n’aurait été menée par les responsables des nominations avant d’aboutir à cette décision. Pour eux, cette situation donne le sentiment d’une absence de véritable changement et d’une continuité avec les pratiques antérieures.
Raheriniaina