Dix mois après la mise en service de la voie Andranotapahana-Ivato, les rizières bordant l’axe routier subissent une forte pression foncière, entre rachats, remblaiement et projets commerciaux, transformant le paysage.
La ruée vers les terrains longeant les nouvelles voies rapides de la capitale se poursuit. Depuis leur ouverture à la circulation il y a une dizaine de mois, les parcelles agricoles situées aux abords de l’axe Andranotapahana-Ivato attirent de nombreux acquéreurs.
Pour plusieurs propriétaires de rizières, la vente apparaît comme une opportunité difficile à refuser.
« Les paysans acceptent souvent les offres proposées, car les montants annoncés sont importants par rapport aux revenus qu’ils peuvent tirer de leurs terrains agricoles », explique Hanta, démarcheuse foncière sur le terrain.
Selon cette dernière, les parcelles les mieux placées, directement au bord de la route à Andoharano, peuvent atteindre entre 300 000 et 500 000 ariary le mètre carré. Des prix qui restent hors de portée pour de nombreux particuliers, mais qui attirent des investisseurs à la recherche d’emplacements stratégiques.
Derrière cette hausse de la demande, une véritable chaîne économique s’est mise en place. Les démarcheurs jouent un rôle clé dans la mise en relation entre propriétaires et acheteurs. Certains d’entre eux peuvent même tirer des commissions supérieures aux revenus que les propriétaires espéraient obtenir de leurs rizières.
Les terrains acquis sont ensuite remblayés afin d’accueillir diverses activités : entrepôts, magasins, garages ou autres installations commerciales. Le long de la voie rapide, les constructions commencent ainsi à remplacer progressivement les espaces agricoles.
« Plusieurs concessionnaires chinois figurent parmi les nouveaux investisseurs présents sur les zones remblayées. Leur communauté augmente et la demande en terrains continue », affirme Hanta, qui indique travailler régulièrement avec ces nouveaux acquéreurs.
Cette transformation rapide pose toutefois des questions sur l’évolution du foncier autour des grands axes routiers, entre développement économique, spéculation immobilière et préservation des zones agricoles.
Hasina Giovanni