Les autorités de Mandritsara ont mis fin à une exploitation illégale de bois précieux dans une aire protégée. Plusieurs suspects ont été interpellés.
![]() |
| Des palissandres coupés dans une aire protégée. |
La coupe illicite de bois précieux se poursuit dans les forêts malgaches. Vingt individus ont été arrêtés, hier, au cœur de la forêt d’Ampatakamaroreny, une aire protégée située à Mandritsara, dans la région Sofia.
« À la suite d’informations signalant une exploitation illégale de bois précieux dans la forêt d’Ampatakamaroreny, une opération conjointe a été menée par la direction régionale de l’Environnement et du Développement durable Sofia, les forces de l’ordre, la Justice ainsi que le comité mixte Dina. L’intervention, effectuée ce dimanche 10 mai 2026, a permis l’interpellation de vingt individus surpris en pleine forêt avec cinquante pièces de palissandre déjà coupées », indique le ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD).
Selon les autorités, les trafiquants auraient mobilisé deux tracteurs pour acheminer ces bois précieux vers Andilamena. Les pièces de palissandre ainsi que les deux véhicules ont été saisis.
Les vingt suspects arrêtés feront l’objet d’une enquête destinée à identifier d’éventuels complices. Le ministère précise également que plusieurs individus ont réussi à prendre la fuite au moment de l’opération. Les forces de l’ordre poursuivent actuellement les recherches.
Le palissandre de Madagascar figure à l’annexe la plus stricte de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), afin de prévenir sa disparition face à la déforestation et à l’exploitation illégale. Toutes les espèces de palissandre bénéficient ainsi d’un régime de protection particulier.
Politique de fermeté
Les sanctions encourues peuvent être alourdies lorsqu’il est établi que les bois saisis proviennent d’une aire protégée. Selon des experts juridiques, le Code des aires protégées (COAP) prévoit des peines d’emprisonnement de deux à cinq ans, contre six à vingt-quatre mois dans le cadre de la loi Cites.
Une source au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable indique que des saisies sont régulièrement opérées, notamment dans la zone d’Ambatondrazaka, où plusieurs sites de stockage clandestins ont également été découverts.
Le MEDD rappelle que l’exploitation des bois précieux est strictement interdite par la loi et affirme maintenir une politique de fermeté face aux atteintes aux ressources naturelles. « Toute personne prise en flagrant délit est systématiquement traduite en justice et sanctionnée conformément à la législation en vigueur », souligne le ministère.
Malgré les sanctions prévues et les opérations de contrôle, l’exploitation illégale de cette essence protégée continue dans plusieurs régions du pays.
Miangaly Ralitera
