Pendant une réunion de trois jours, les entités ou personnes impliquées dans les fraudes électorales lors des élections passées seront exposées. Les observateurs attendent désormais la suite à donner à ces affaires.
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| Thierry Rakotonarivo (à gauche) se montre intransigeant concernant les fraudes électorales passées. |
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) organisera, d’ici la fin du mois de mai, une réunion d’envergure avec l’ensemble des entités concernées par le processus électoral lors des précédentes consultations à Madagascar. Comme déjà rapporté dans le présent quotidien, il s’agira d’une table ronde visant à dresser un bilan objectif et approfondi des processus électoraux passés. L’objectif est double : mettre en lumière les acquis enregistrés au fil des scrutins, mais surtout identifier de manière claire les insuffisances, les dysfonctionnements et les irrégularités constatés.
Selon des informations complémentaires, cette rencontre, qui s’étalera sur trois jours, ne se limitera pas à une simple évaluation technique. Elle permettra également d’établir un traçage précis des responsabilités dans les différentes anomalies relevées lors des élections précédentes. Les discussions devraient ainsi aboutir à l’identification des acteurs impliqués, qu’il s’agisse d’institutions, de responsables administratifs ou d’autres intervenants dans l’organisation du scrutin. Dans ce sens, le président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a été explicite : « À l’issue de cette réunion, nous serons en mesure d’identifier les organismes ou responsables étatiques impliqués dans des fraudes électorales ». Une déclaration qui marque une volonté affichée de transparence et de redevabilité dans la gestion des processus électoraux.
Toutefois, concernant la suite à donner à ces révélations, le responsable reste prudent. Pour l’heure, il évoque essentiellement une exposition des faits et des responsabilités, sans détailler les mécanismes concrets de poursuites.
Intransigeance
Par ailleurs, le président de la CENI a tenu à rappeler son intransigeance face aux irrégularités, en annonçant que des poursuites pourraient être engagées à l’encontre des membres de l’institution suspectés d’avoir participé à des pratiques frauduleuses lors des élections passées. Ces pratiques, qui ont entaché la crédibilité des scrutins, restent au cœur des préoccupations des citoyens et des acteurs politiques.
Pour de nombreux observateurs, cette initiative constitue une étape importante vers la clarification d’une situation marquée par de fortes suspicions de fraudes électorales massives. Plusieurs irrégularités avaient en effet été signalées, notamment la possibilité de voter à l’aide d’ordonnances, alors que la carte électorale demeure, en principe, l’unique document autorisé pour participer au vote.
Ces dérives ont contribué à fragiliser la confiance des électeurs dans le processus démocratique. Dès lors, les spécialistes estiment que la démarche engagée par la CENI doit impérativement s’accompagner de mesures concrètes. Parmi celles-ci figurent des sanctions administratives à l’encontre des agents fautifs, mais également des poursuites judiciaires lorsque les faits le justifient. L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement de sanctionner les responsables, mais aussi de prévenir la répétition de telles pratiques à l’avenir.
À rappeler que le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, avait déjà ordonné l’ouverture d’enquêtes à la suite du rapport de la Cour des comptes publié en mars dernier. Ce document faisait état de plus de 3 811 milliards d’ariary détournés ou perdus dans la gestion des finances publiques en 2025, mettant en lumière des défaillances importantes dans la gouvernance publique.
Doris Mampionona
