Durant le Sommet de Nairobi, le Chef de l’État a participé à une table ronde sur l’agriculture en Afrique. Il a plaidé pour une action commune afin d’en finir avec l’insécurité alimentaire.
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| Le Chef de l’État requiert une action commune de l’Afrique face à l’insécurité alimentaire. |
L’Afrique peut nourrir l’Afrique». C’est la conviction affirmée par le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, dans sa prise de parole lors d’une table ronde sur l’agriculture en Afrique, hier, durant le Sommet «Africa Forward», à Nairobi, Kenya. «À nous d’en faire une réalité», ajoute-t-il, s’adressant à ses pairs africains et aux partenaires présents.
Pour concrétiser cette ambition, le locataire d’Iavoloha en appelle à une action commune des États africains. «Face à ces défis, une conviction s’impose. Aucun pays africain ne pourra y répondre seul. Notre réponse doit être collective. Elle passe par un renforcement de la coopération à plusieurs niveaux», déclare alors l’officier supérieur qui part du constat que 60 à 70% de la population active de plusieurs pays africains dépendent de l’agriculture. «Ce qui fait de ce secteur un pilier décisif de transformation économique et sociale», indique-t-il.
Il y a donc l’idée de faire de la transformation agricole un facteur de progrès économique et social. Mais il y a aussi les enjeux de construire un secteur agricole résilient face aux crises multiples, comme la crise climatique, économique et géopolitique. Une agriculture qui brise la dépendance envers les intrants agricoles importés qui subissent les aléas du marché mondial. En raison de la guerre au Moyen-Orient, par exemple, les États africains ont des difficultés à s’approvisionner en engrais, dont les prix s’envolent.
Inverser la tendance
Le plus grand défi en Afrique est de faire en sorte que l’essor de l’agriculture brise la problématique de l’insécurité alimentaire. «La sécurité alimentaire et la nutrition sont devenues des questions stratégiques. (...) Dès lors, la question n’est plus de savoir si l’Afrique peut répondre aux crises alimentaires, mais comment elle peut le faire d’une manière durable et coordonnée», affirme alors le colonel Randrianirina.
«L’Afrique dispose d’un potentiel considérable pour inverser cette tendance», plaide-t-il. Parmi les actions collectives suggérées par l’officier supérieur, il y a la coopération en matière de recherche et développement pour adapter les solutions aux réalités africaines. Le partage d’expérience et de bonnes pratiques. Il y a aussi la mutualisation des efforts pour mobiliser les ressources à la hauteur des besoins de transformation de nos filières agricoles.
«L’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter des matières premières agricoles. Elle doit structurer ses chaînes de valeur. Renforcer la transformation locale et améliorer l’accès aux marchés, soutient également le Chef de l’État, en insistant sur «l’investissement dans la transformation, dans la logistique et la certification (...)». L’allocution du locataire d’Iavoloha met également l’accent sur le renforcement et la facilitation des échanges entre pays africains. Sans quoi, l’idée que «l’Afrique peut nourrir l’Afrique» serait utopique.
«L’Afrique n’est pas condamnée à subir les crises alimentaires. Elle a les moyens de les prévenir et de les dépasser. Le cadre existe, le potentiel est là, les partenariats sont à portée de main. Ce qui est attendu aujourd’hui, ce sont des décisions concrètes et une mobilisation collective à la hauteur de nos ambitions», conclut-il.
Garry Fabrice Ranaivoson
