La contrefaçon s’étend dans plusieurs secteurs de consommation. Deux marques internationales ont déjà porté plainte, selon la direction de la Police économique.
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| On retrouve souvent des produits contrefaits au marché de Behoririka. |
Des vendeurs de téléphones à Antananarivo proposent le dernier modèle de la marque Apple. À première vue, l’appareil ressemble fortement à un modèle authentique, mais son prix interpelle. Il est vendu à seulement 340 000 ariary, très loin du tarif officiel de la marque.
Une commerçante n’a d’ailleurs pas caché qu’il s’agit d’une « super-copie ». « Il ressemble au produit original. Mais je ne vais pas vous mentir : ce téléphone est lent et la mémoire affichée n’est pas réelle, contrairement à l’original. Vous savez, le véritable appareil coûte des millions d’ariary. Jusqu’ici, cependant, aucun client n’a encore formulé de réclamation », a-t-elle déclaré hier.
Ce modèle de téléphone n’est pas le seul produit contrefait vendu à Madagascar. « De nombreux secteurs sont touchés. Les produits contrefaits concernent aussi bien les vêtements et les chaussures que les pièces automobiles. Le phénomène s’étend également aux médicaments, aux jouets, aux parfums ainsi qu’à divers autres articles de consommation courante », a souligné le commissaire divisionnaire de police Eric Jaona Harvey Ravelomanantsoa, chef du service central de lutte contre les faux, les fraudes et les contrefaçons.
Saisie
Le faible pouvoir d’achat des Malgaches favorise l’essor de ce phénomène. « Beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter des produits authentiques, ce qui les pousse à se tourner vers des alternatives moins coûteuses», constate ce responsable.
Les fabricants des marques concernées surveillent ces produits contrefaits. « Deux marques internationales ont déjà porté plainte, notamment Canon et Redmi », indique le commissaire divisionnaire de police Eric Jaona Harvey Ravelomanantsoa. À la suite de ces plaintes, des opérations de saisie ont été menées, conduisant notamment à la confiscation de plus de 400 téléphones à Behoririka, la semaine dernière.
Les produits fabriqués à Madagascar n’y échappent pas non plus. La direction de la Police économique note que plusieurs marques malgaches ont déjà porté plainte auprès du service de lutte contre la fraude et que plusieurs opérations ont déjà été menées pour mettre fin aux contrefaçons.
« La contrefaçon peut avoir des effets sur la santé et la sécurité de chacun. Elle entraîne également une concurrence déloyale et provoque d’importantes pertes financières », précise le commissaire principal de police Brunel Rafanomezantsoa, directeur de la Police économique.
Il insiste sur le fait que, pour obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre ce fléau, la collaboration de tous, y compris des consommateurs, est indispensable.
Miangaly Ralitera
