POÉSIE - Indiamahery publie « Les roses mortes »

Les Roses Mortes marque la première publication littéraire du poète-slameur Indiamahery.

La poésie d’Indiamahery prend une nouvelle dimension. Le poète-slameur malgache vient de publier, ce mois d’avril, Les Roses Mortes, son tout premier recueil de poèmes en français, une œuvre profondément intime où se mêlent fragilité humaine, urgence d’écrire et attachement à la culture malgache.

Pour Tojo Ny Aina Indiamahery, ce livre marque l’aboutissement d’un long parcours artistique construit entre scène, écriture et performance. « La concrétisation de ce livre est l’aboutissement de mon parcours d’auteur. C’est une manière de justifier le titre de poète », confie-t-il. À travers cet ouvrage, l’auteur souhaite également laisser une trace durable dans le patrimoine culturel malgache et mondial. « Écrire est un devoir. Et c’est une manière de contribuer activement et à long terme à l’évolution du monde », affirme-t-il, convaincu que « la littérature transcende le temps ».

Dans la préface du livre, Indiamahery développe un univers poétique centré autour de la rose, symbole à la fois de beauté, de vulnérabilité et de cycle de vie. « Tout ce qui est […] est voué à la consommation », écrit-il, avant d’évoquer les fruits, les jacarandas ou encore les roses qui finissent par se faner. Derrière cette image florale, l’auteur interroge le temps qui passe, la fragilité de l’existence et la nécessité de profiter pleinement de la vie. « Partez à la cueillette ! », lance-t-il aux lecteurs, comme une invitation à accueillir les merveilles du quotidien sans retenue.

Héritage

L’écriture apparaît également comme une nécessité vitale pour le poète. 

« Si je sors ce livre maintenant, je pourrai sortir deux ou trois dans les prochaines années à venir. Dans le cas contraire, mes poèmes vont m’étouffer de l’intérieur », écrit-il dans la préface. Une urgence intérieure qui traverse l’ensemble de l’ouvrage.

Ce premier livre, entièrement rédigé en français, est aussi le reflet d’un questionnement identitaire. L’auteur explique que ce choix de langue relève davantage d’un héritage que d’une décision volontaire. Il évoque notamment « une éducation déracinée» et une quête personnelle liée à l’histoire malgache, particulièrement à la révolution du 13 mai 1972, date qui coïncide symboliquement avec son anniversaire à 29 ans d’écart. « Au plus profond de mon être, je veux retrouver nos voix, nos valeurs et la langue qui nous relie », écrit-il encore dans la préface.

Né le 13 mai 2001 à Tsarafasina Moramanga, Indiamahery découvre la poésie en 2019 grâce à l’association Madagaslam. Depuis, il multiplie les scènes à Madagascar, notamment à Antananarivo où il réside actuellement. Vice-champion de Madagascar de slam poésie en 2025, il participe également à plusieurs projets collectifs, dont le recueil Zarafanahy XIII du Faribolana Sandratra.

Son univers artistique dépasse aujourd’hui la poésie écrite et scénique. Formé au cinéma en 2024, il s’intéresse aussi aux formes hybrides mêlant image, son et récit. En parallèle, il anime des ateliers d’écriture et de performance et s’engage dans l’accompagnement des jeunes artistes, notamment lors du Slam National Scolaire.

Technicien informatique et étudiant en droit au CNTEMAD, Indiamahery nourrit également sa plume à travers des auteurs comme George Orwell, Antoine de Saint-Exupéry, Paulo Coelho ou Gaël Faye.

Cassie Ramiandrasoa 

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