HYDROCARBURES - L’État mise sur la transformation locale

La Grande Île a présenté sa lettre de politique pour le secteur pétrolier aval. Parmi les orientations évoquées figure la possibilité de transformer localement les hydrocarbures à travers la mise en place de raffineries.

Les responsables de l’OMH et du ministère de l’Énergie, hier, lors d’une conférence de presse à Ampandrianomby.

Construire des raffineries pétrolières locales. La question a été mise en avant hier par les autorités, qui souhaitent renforcer la transformation locale des hydrocarbures afin de réduire la dépendance énergétique du pays. « Nous sommes une île, nous devons être en mesure de sécuriser notre secteur énergétique, et notamment de transformer localement les produits comme l’huile lourde ou encore, dans une certaine mesure, le gaz à l’avenir », expliquait hier Harivelo Andrianarahinjaka, directeur général des Hydrocarbures auprès du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures.

Lors d’une conférence de presse organisée à Ampandrianomby, les responsables du secteur ont présenté les grandes lignes de la lettre de politique dédiée au secteur pétrolier aval.

Nouveaux investissements

Le document s’articule autour de quatre axes stratégiques, parmi lesquels figure la transformation locale des produits pétroliers. Cette orientation intervient dans un contexte marqué par plusieurs perturbations de l’approvisionnement énergétique. Selon les données présentées par l’Office des mines et des ressources stratégiques, plus de 750 blocs pétroliers onshore et offshore sont recensés à Madagascar et 80 % des forages exploratoires réalisés ont révélé des indices jugés favorables à la présence potentielle de ressources pétrolières.

Parmi les blocs récemment réactivés figure celui de Tsimiroro, dont la production atteint actuellement 3 000 barils par jour, avec une augmentation progressive envisagée dans les prochaines années. Le directeur général de l’Office malgache des Hydrocarbures (OMH), Cydolain Raveloson, a également indiqué que « des études devront avoir lieu pour évaluer la faisabilité d’établir des raffineries ».

Les autorités estiment que cette lettre de politique sectorielle devrait offrir davantage de visibilité aux opérateurs et investisseurs du secteur pétrolier aval, dans l’objectif d’encourager de nouveaux investissements.

Selon les explications fournies par les responsables, Madagascar ne disposait jusqu’à présent d’aucune politique spécifiquement consacrée au secteur pétrolier aval. Le secteur avait été libéralisé dans les années 1990, mais les autorités reconnaissent que le niveau de concurrence attendu ne s’est pas concrétisé. « Il faut dynamiser le marché de l’aval pétrolier. Cela fait plus de vingt ans que nous avons libéralisé ce secteur, mais la concurrence dans le secteur n’est pas encore suffisante. Nous allons tout mettre en œuvre pour attirer de nouveaux investisseurs », expliquait hier Harivelo Andrianarahinjaka.

Itamara Otton

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