GESTION DES RESSOURCES - L’examen des demandes de permis miniers commence

La délivrance des permis miniers reprend après seize ans de suspension à Ivato. Le ministère entend désormais mieux encadrer et structurer le secteur minier à Madagascar.

Le ministère des Mines suit de près la procédure d’obtention du permis minier.

Seize ans après la suspension de la délivrance des permis miniers, la réception des dossiers pour la réservation des sites à explorer a officiellement repris jeudi dernier au Mining Business Center d’Ivato. Cette réouverture marque une étape importante pour le secteur minier malgache, confronté à de nombreux défis au cours des dernières années.

Le principe du « premier arrivé, premier servi » est appliqué avec rigueur afin de garantir l’équité dans le processus d’attribution. De plus, toute personne souhaitant exercer dans ce domaine doit désormais être titulaire d’une carte d’identité nationale, une mesure destinée à mieux structurer et encadrer les activités minières, a-t-on indiqué. Une délégation conduite par le ministre des Mines, Carl Andriamparany, s’est rendue sur place afin de suivre le déroulement des opérations et de s’assurer du bon déroulement de la procédure.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté de normalisation du secteur minier malgache, longtemps marqué par l’informalité et le manque de régulation. Selon le ministère, la possession d’un permis est essentielle pour éviter la gabegie et garantir une gestion transparente des ressources.

Les demandes, réceptionnées par le Bureau du Cadastre Minier de Madagascar à travers ses douze antennes réparties sur l’ensemble du territoire, seront examinées avec attention avant toute décision d’octroi. Ce processus vise à s’assurer que seules les entreprises respectant les normes en matière d’environnement et de responsabilité sociale obtiennent le droit d’exploiter les ressources minières.

Moteur de croissance

Validée en Conseil des ministres il y a quelques mois, la réouverture de la délivrance des permis miniers concerne en priorité les dossiers déposés depuis plusieurs années. Environ 3 000 demandes sont actuellement en attente, témoignant de l’intérêt soutenu pour le secteur. Les postulants, venus à Ivato, ont exprimé leur volonté de contribuer au développement du secteur minier à Madagascar, estimant que celui-ci pourrait favoriser la croissance économique du pays.

Cette relance intervient dans un contexte où Madagascar cherche à diversifier son économie et à attirer davantage d’investissements étrangers, conformément à la politique du régime de la Refondation. Le secteur minier, riche en ressources telles que le nickel, le cobalt et les pierres précieuses, est perçu par les acteurs de l’industrie comme un moteur de croissance. Ceux-ci espèrent que cette nouvelle dynamique permettra de créer un environnement des affaires plus stable et plus attractif, tout en respectant les normes environnementales et sociales.

Des défis subsistent toutefois, alors que les communautés locales demeurent vigilantes quant aux impacts environnementaux et sociaux susceptibles d’être engendrés par les activités minières. Le ministère a déjà annoncé l’ouverture d’un dialogue avec les communautés concernées afin de s’assurer que les bénéfices de l’exploitation minière soient partagés de manière équitable et que les préoccupations des populations locales soient prises en compte.

Selon les informations recueillies, la mise en œuvre d’un plan de responsabilité sociétale des entreprises figure parmi les conditions d’obtention du permis minier.

Doris Mampionona

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