Les discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles persistent. L’ONG Réseau Madagascar Solidarité LGBTQI+ alerte sur cette situation.
![]() |
| Balou Saba Rasoanaivo, président et fondateur de l’ONG Réseau de Madagascar Solidarité LGBTQI+. |
Les violences et discriminations envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexes (LGBTQI+) restent une réalité préoccupante dans le pays. Miora, une jeune d’une vingtaine d’années, témoigne avoir quitté son domicile après des tensions répétées avec ses proches.
« On me disait constamment que je faisais honte à la famille. À force d’insultes et de pressions, je suis partie vivre chez une amie », raconte cette personne non binaire originaire d’Antananarivo.
Rejets familiaux, agressions physiques, stigmatisation sociale et détresse psychologique rythment encore le quotidien de nombreuses personnes issues de cette communauté, constate Balou Saba Rasoanaivo, président et fondateur de l’ONG Réseau de Madagascar Solidarité LGBT. Cette déclaration a été faite lors de la célébration de la Journée internationale contre les LGBT+phobies ainsi que des 20 ans du réseau, organisée au Cercle Mess Fiadanana la semaine dernière. Malgré une évolution progressive des mentalités, les associations dénoncent une hausse des violences et appellent au respect des droits fondamentaux.
« Beaucoup de personnes ne voient plus l’être humain, mais uniquement son identité de genre ou son orientation sexuelle », déplore Balou Saba Rasoanaivo. Selon lui, les personnes LGBT figurent parmi les plus exposées aux discriminations en raison de leur apparence ou de leur manière de s’identifier, souvent incomprises par leur entourage.
Pression sociale
Les violences surviennent d’abord dans le cercle familial. Certains parents refusent d’accepter que leur enfant soit LGBT.
« Il y a des jeunes qui subissent des violences physiques et psychologiques. D’autres sont chassés de leur maison », explique-t-il. Ces situations plongent plusieurs victimes dans une grande précarité sociale et émotionnelle.
Dans la société, les discriminations prennent également la forme de moqueries, de harcèlement ou d’humiliations publiques.
« Les regards, les insultes dans la rue et les remarques blessantes provoquent une forte souffrance psychologique », souligne Balou Saba Rasoanaivo. Selon lui, cette pression sociale pousse certaines personnes à l’isolement, au découragement, des fois, aux suicides.
Un autre jeune homme ayant requis l’anonymat affirme éviter certains quartiers par peur des agressions. « Il suffit de ma façon de m’habiller pour attirer les insultes. Une fois, des jeunes m’ont suivi et menacé dans la rue », confie-t-il.
Face à la montée de l’homophobie, plusieurs membres de la communauté choisissent de se cacher ou envisagent de quitter le pays afin de fuir le rejet, les discriminations, la stigmatisation et les violations de leurs droits. Malgré cette situation préoccupante, Balou Saba Rasoanaivo estime que les mentalités évoluent progressivement à Madagascar, même si le chemin reste encore long pour mettre fin aux violences et à l’exclusion.
Face à cette situation, les associations plaident avant tout pour le respect de la dignité humaine. « Nous ne demandons pas forcément que tout le monde soit d’accord avec nous, mais simplement que nos droits et notre dignité soient respectés », insiste le président de l’ORMS LGBT.
L’ONG agit aux côtés des communautés les plus vulnérables afin de promouvoir l’accès aux services essentiels, lutter contre les violences et la stigmatisation, renforcer le pouvoir des personnes LGBT+ et porter la voix des communautés dans les espaces de décision.
Mialisoa Ida
