PATRIMOINE NATUREL EN PÉRIL - Le plus grand baobab de Madagascar agonise

Les spécialistes de la question l’ont confirmé sur les réseaux sociaux : Tsitakakantsa, le plus grand baobab connu de Madagascar, se meurt d’une lente agonie. Le passage de la tempête tropicale Jude lui aurait été fatal.

En octobre 2025, des odeurs de décomposition ont émané de Tsitakakantsa.

Le chercheur et spécialiste des baobabs de Madagascar, ainsi que réalisateur de Mamody, le dernier creuseur de baobabs, Cyrille Cornu, annonce avec tristesse : « En tant que spécialiste, c’est avec une immense tristesse que je confirme aujourd’hui le déclin irréversible de Tsitakakantsa, le plus grand baobab jamais répertorié à Madagascar. »

Wilfred Ramahafaly, assistant de Cyrille Cornu, dit avoir reçu confirmation du chef du village d’Andombiry, dans le sud de Morombe, que le baobab venait de perdre l’une de ses branches maîtresses. Il y voit « un signe caractéristique de l’effondrement imminent chez les spécimens millénaires », symptôme d’un affaiblissement structurel généralisé.

Découvert en mai 2018 par les habitants du village d’Andombiry, dans le sud-ouest de l’île, le colosse appartient à l’espèce Adansonia grandidieri, localement appelée « reniala », ou « mère de la forêt ». Avec une circonférence record de 28,82 mètres, il avait succédé à l’ancien géant Tsitakakoike, disparu en 2019. Son nom, qui signifie « si tu chantes d’un côté du tronc, on ne peut entendre ce chant de l’autre côté », témoigne de son gigantisme hors norme. Un record absolu pour la biodiversité malgache.

Chant du cygne

Les premières inquiétudes remontent à octobre 2025. Lors d’une visite de terrain, Cyrille Cornu affirme avoir constaté des signes alarmants : des odeurs de décomposition ainsi qu’un liquide noirâtre formant une mare au pied de l’arbre.

À partir d’observations aériennes, le chercheur dit avoir identifié une ouverture béante au sommet du tronc.

« Mon hypothèse scientifique est que la tempête tropicale Jude, survenue début 2025, a rempli cette cavité d’une quantité d’eau exceptionnelle, provoquant un pourrissement interne du cœur de l’arbre », explique-t-il.

La première phase du dépérissement du Tsitakakantsa serait désormais engagée. « Ces colosses ne s’éteignent pas d’un seul coup; ils se fragmentent avant de retourner à la terre », conclut Cyrille Cornu. Selon lui, le monument pourrait disparaître d’ici deux à trois ans, après avoir traversé plusieurs siècles. Sa disparition représenterait une perte majeure pour le patrimoine naturel et la biodiversité de Madagascar.

Hasina Giovanni

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