Le concert prévu ce dimanche au CCI Ivato réunira 35 artistes autour d’une écriture Big Band appliquée aux chansons malgaches, une première annoncée à Madagascar et en Afrique.
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| Rija Ramanantoanina en train de présenter son nouvel album. |
Un nouveau chapitre pourrait s’ouvrir pour la musique malgache ce dimanche au CCI Ivato. Rija Ramanantoanina réunira trente-cinq artistes sur scène avec le Quatuor Squad et le Big Band Baraka autour d’un projet encore jamais réalisé dans le pays : un concert de chansons malgaches entièrement conçu selon les codes de l’écriture « Big Band » internationale.
Bien plus qu’un simple spectacle, ce rendez-vous musical entend démontrer qu’une orchestration de grande ampleur peut désormais être pensée et écrite à Madagascar tout en conservant une identité profondément malgache. « Lorsqu’on cesse de rechercher et d’innover, on finit par rester en arrière», affirme Rija Ramanantoanina, convaincu que la recherche musicale est indispensable pour faire évoluer la création artistique locale.
Jusqu’ici, Madagascar connaissait surtout les fanfares, les ensembles de cuivres ou les groupes limités à quelques lignes instrumentales. Cette fois, chaque instrument dispose de sa propre partition dans une structure complète inspirée des standards internationaux du Big Band. L’ensemble réunit notamment sept saxophones, quatre trombones, quatre trompettistes, des cordes et une section rythmique, soit près de trente-cinq artistes sur scène.
Selon Mahefa Rakotoarisoa, président du Bandy Baraka Big Band: « Il s’agit d’une première dans l’histoire de la musique malgache. » Il explique que les compositions de Rija Ramanantoanina se sont parfaitement adaptées à ce format orchestral.
« Les chansons de Rija s’y prêtent parfaitement, il y a une véritable symbiose dans le projet», souligne-t-il.
Travail technique
Le projet est le fruit de plusieurs années de recherche, d’écoute et d’apprentissage autour de l’écriture Big Band. « Tsy ny miaraka amin’ny symphonique sy chœur no tena tanjona, fa ny mametraka ny soratra Malagasy Big Band eto » : le plus important ici est d’inscrire la culture du Big Band dans l’univers musical malgache, insiste Rija Ramanantoanina. Compositeur depuis l’âge de 15 ans, l’artiste explique avoir longtemps rêvé de cette création musicale avant de parvenir à concrétiser ce travail d’écriture avec Tsanta Randriamihajasoa.
Le concert proposera plusieurs morceaux mêlant jazz et chansons contemporaines malgaches : cinq nouvelles compositions et cinq titres déjà connus du public. Trois artistes féminines participeront également à cette aventure musicale : Mia, Andy du groupe Vao et son épouse Ariel Ramanantoanina. Une chanson spécialement dédiée aux mères figurera aussi au programme.
L’organisation musicale du projet a nécessité un important travail technique. Les répétitions ont été effectuées par sections — bois, cuivres, cordes et section rythmique — afin que chaque musicien puisse maîtriser des partitions complexes répondant aux normes internationales du Big Band. « On a appris, cherché et écouté », résume Rija Ramanantoanina à propos du long processus de création.
Le projet donnera également naissance à un album intitulé « Fy », entièrement conçu à Madagascar. Il comprendra un CD, une clé USB ainsi qu’un livret technique avec légendes et fiches détaillées. L’écriture de l’album a nécessité près de quatre années de travail, tandis que le mixage numérique a été finalisé au Kenya en octobre 2025 avant son achèvement définitif.
Pour Rija Ramanantoanina, ce concert dépasse le simple divertissement. « Ce concert est vraiment destiné à l’oreille et au cœur », confie-t-il. Une création pensée pour inspirer une nouvelle génération de musiciens et ouvrir de nouveaux horizons à la musique malgache.
Cassie Ramiandrasoa
