Expulsés de la chaussée au nom de l’assainissement urbain, les vendeurs de Petite Vitesse refusent de rejoindre les espaces qui leur sont attribués à l’intérieur du marché.
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| Des marchands de rue de la Petite Vitesse contestent leur relocalisation. |
Les autorités locales, à travers la Direction des marchés (DM), ont mené tôt lundi matin une opération d’assainissement à Petite Vitesse. Les vendeurs installés le long de la chaussée ont été contraints de libérer les lieux afin de rétablir la fluidité de la circulation dans ce quartier très fréquenté de la capitale. Une décision contestée par les commerçants concernés.
Selon le projet de réorganisation, ces vendeurs doivent être transférés vers leur ancien emplacement situé devant la Paositra. Une perspective rejetée par une grande partie d’entre eux. « L’espace attribué à chaque commerçant serait trop réduit, avec environ un mètre seulement par vendeur, insuffisant pour exposer correctement nos marchandises », explique Sylvie, vendeuse à Petite Vitesse.
Les commerçants estiment que les espaces proposés ne permettront pas d’accueillir l’ensemble des vendeurs ambulants du secteur. Ils craignent également que ces nouveaux emplacements, plus éloignés de la route principale, entraînent une baisse significative de la fréquentation et, par conséquent, de leurs revenus.
L’intervention a provoqué des tensions entre les vendeurs et les responsables du marché. Plusieurs commerçants rappellent que leur clientèle effectue habituellement ses achats directement en bord de route. Ils redoutent ainsi une diminution du nombre de clients si leurs activités sont déplacées à l’intérieur du marché.
Les vendeurs dénoncent également l’état des infrastructures mises à leur disposition. Certains jugent les lieux insalubres et évoquent des comportements inciviques observés sur place. Des préoccupations liées à la sécurité ont aussi été soulevées, notamment des risques de vols à la tire dans les zones de regroupement.
Places inoccupées
Face à cette situation, les commerçants proposent comme alternative leur installation sur le trottoir situé à proximité de la Paositra. Une option rejetée par les autorités communales, qui privilégient la réintégration des vendeurs dans les infrastructures déjà aménagées à l’intérieur du marché. De leur côté, les responsables de la Direction des marchés rappellent que cette mesure vise à améliorer la circulation et à renforcer l’ordre public dans le quartier.
Plusieurs commerçants ont organisé une manifestation à Analakely. Munis de banderoles, ils se sont rendus à l’Hôtel de Ville afin de transmettre leurs revendications au président de la délégation spéciale (PDS) de la CUA. La circulation a été perturbée et des ordures ont été brûlées sur la chaussée.
Lors d’une rencontre avec la presse, hier, le PDS de la CUA, Feno Ralambomanana, a expliqué que l’organisation provisoire actuellement mise en place autorise temporairement les vendeurs à occuper uniquement le côté droit de la rue, dans l’attente de l’achèvement de la réorganisation à l’intérieur du marché.
Il a également indiqué que de nombreuses places demeurent inoccupées, alors que ces espaces sont destinés à accueillir les commerçants installés en bord de route. Certains emplacements seraient toutefois utilisés comme zones de stockage plutôt que pour des activités de vente.
Un délai de quinze jours a été accordé aux vendeurs. Selon le PDS de la CUA, un accord conclu avec la Direction des marchés prévoit qu’à l’issue de cette période, tous les commerçants concernés devront intégrer le marché, sous peine d’être évacués.
Le directeur des marchés, Gilles Randrianantoandro, affirme de son côté qu’un recensement des commerçants est actuellement en cours afin de mieux structurer l’occupation du marché. Une fois cette étape achevée, les vendeurs devront rejoindre l’intérieur du marché de Petite Vitesse.
Les autorités communales rappellent qu’un réaménagement du marché est en cours et que les commerçants devront progressivement intégrer les espaces prévus à cet effet.
À travers cette réorganisation, la CUA entend réserver les routes à la circulation des voitures, motos et bicyclettes, les trottoirs aux piétons, tandis que les espaces du marché seront exclusivement dédiés aux activités commerciales.
L’issue de ce bras de fer dépendra en grande partie du recensement en cours et de la capacité du marché à accueillir l’ensemble des vendeurs concernés. La CUA a fixé son calendrier. Les commerçants, eux, ont montré qu’ils entendaient faire entendre leurs revendications.
Mialisoa Ida et Lucia Rabarijaona

Faut pas seulement vivre, mais survivre. Et il n'y a pas que les commerçants qui ont des problèmes !!! La refondation, la vraie, c'est pour quand ???
RépondreSupprimerOser appliquer les lois et les règles établies par la CUA et ne pas céder à leur applications.
RépondreSupprimerDes remous, il y en aura toujours. Des PV et autres contraventions aux infractions diverses devraient être appliquées si autorités existent.
Les trottoirs sont à libérer et affranchis par ces badauds tout venant devenus des princes de l'anarchie