Le top départ du Sommet « Africa Forward » a été donné avec un Business Forum à l’université de Nairobi. Les défis et opportunités de l’Afrique y ont été abordés.
| Les délégués arrivant au sommet "Africa Forward" à Nairobi le 11 mai. |
Le décor a été planté à l’université de Nairobi, au Kenya. Quatre mille cinq cents personnes, selon les organisateurs, ont pris part au Business Forum d’hier, qui est le coup d’envoi du Sommet « Africa Forward ». En cette occasion, acteurs politiques, financiers, investisseurs, hommes d’affaires et entrepreneurs, entre autres, ont échangé sur les challenges de l’Afrique.
Co-organisé par la France et le Kenya, l’événement de Nairobi, du côté français, a pour objectif d’engager un renouveau de son partenariat avec les États africains. Une coopération plus poussée sur le terrain économique. La réforme de l’architecture financière internationale, la transition énergétique, l’industrialisation verte, l’économie bleue, la connectivité, l’intelligence artificielle, l’agriculture durable ont ainsi été les grands sujets discutés durant le forum d’affaires d’hier.
Toutefois, à entendre les intervenants à la tribune, dont des Malgaches, et les échanges dans les travées de la grande salle de la bibliothèque de l’université de Nairobi, la majorité des participants ont surtout mis l’accent sur le renforcement du partenariat économique entre les États africains.
Un continent des solutions
Le renforcement des investissements entre Africains, la fluidité des échanges par l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) ont été soulignés.
Le potentiel énergétique, notamment les atouts du continent en matière d’énergies renouvelables, ou encore son potentiel en termes d’industrie de transformation étant donné qu’il regorge de matières premières. « Sans l’Afrique, la transition énergétique ne pourra pas se faire », ou encore « l’Afrique est la solution, un pilier de l’économie globale » sont des exemples des phrases déclamées à la tribune du Business Forum d’hier.
Le dynamisme de l’industrie culturelle et des créations, mais aussi le savoir-faire de la jeunesse africaine dans le domaine des nouvelles technologies sont également mis en avant durant ce Sommet de Nairobi. De même que l’industrie du sport, étant donné que l’Afrique est un vivier de champions. En parallèle au forum d’affaires, une séquence jeunesse et culture, qui a rassemblé deux mille participants, s’est tenue à l’université de Nairobi afin de mettre en lumière le potentiel de la jeunesse africaine.
Outre les opportunités, les échanges d’hier ont également abordé les défis auxquels les pays africains font face. Parmi les défis, il y a l’incontournable question des infrastructures, comme les infrastructures énergétiques, routières, portuaires et aéroportuaires, essentielles pour booster les échanges commerciaux. La connectivité à l’intérieur des pays, mais aussi entre les pays du continent, est aussi un élément à renforcer.
Un des grands challenges auxquels les États africains font face également est celui du changement climatique. Néanmoins, dans les discours d’hier, les acteurs du secteur privé africain s’accordent sur le fait que, s’il est perçu comme un continent à problèmes, l’Afrique est plutôt « le continent de multiples opportunités et de solutions». Il reste maintenant à traduire les discours en actes, mais aussi à convaincre les décideurs politiques d’adhérer à la dynamique que veulent impulser les acteurs du secteur privé.
Un investissement de 14 milliards d’euros
Le montant total des investissements français en Afrique annoncés à l’occasion du Sommet Africa Forward s’élève à 14 milliards d’euros. Cette enveloppe se répartit entre plusieurs secteurs stratégiques, dont la transition énergétique, en tête avec plus de 4,3 milliards d’euros, suivie du numérique et de l’intelligence artificielle. L’économie bleue et l’agriculture figurent également parmi les priorités. Des financements sont aussi dédiés à la santé, à l’industrialisation et au secteur financier.
Garry Fabrice Ranaivoson