ART VIVANT - Le cirque cherche sa place

Entre acrobaties, jonglerie et spectacles de sensibilisation, les artistes du cirque malgache tentent de structurer une discipline encore peu connue du grand public.

Un artiste d’Aléas Circus en pleine démonstration  de jonglerie lors d’un spectacle.

Sous les projecteurs, les artistes défient la gravité, enchaînent les figures aériennes, jonglent avec précision et font rire le public à travers des clowneries minutieusement préparées. À Madagascar pourtant, l’univers du cirque demeure encore marginal et largement méconnu. Malgré une reconnaissance limitée, plusieurs collectifs poursuivent leurs efforts pour faire vivre cette discipline à travers des spectacles, des formations et des actions culturelles.

Créé en 2022, Aléas Circus se présente à la fois comme une école et une troupe de cirque. Mais l’histoire du collectif remonte plus loin. Dès 2009, l’association « Aléas des Possibles» posait les premières bases du projet avec les futurs membres fondateurs de la compagnie actuelle. Depuis, les artistes multiplient les initiatives afin de familiariser le public malgache avec les arts du cirque.

Cette dynamique passe notamment par l’organisation de spectacles et la participation à plusieurs événements culturels, parmi lesquels « Les Grands Cirques Momota », le Festival des arts de la rue, les Jeux des îles, le Tympo Festival à La Réunion ou encore le PPCM, le Plus Petit Cirque du Monde. Certaines représentations prennent également une dimension pédagogique, avec des ateliers de sensibilisation et des initiations destinées aux enfants.

Manque de visibilité

Le cirque développé par Aléas Circus regroupe différentes disciplines : jonglerie, acrobatie au sol, acrobatie aérienne, portée acrobatique, clownerie ou encore animation du public. Les activités s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

Derrière l’aspect spectaculaire des représentations se cache toutefois un travail exigeant. « Certaines disciplines peuvent être dangereuses si elles sont reproduites sans encadrement, notamment les portées acrobatiques », rappelle un artiste de la troupe. Des consignes de sécurité sont systématiquement données afin d’éviter toute reproduction des figures sans apprentissage préalable.

La préparation des spectacles mobilise également un important travail de création et de répétition. Les équipes élaborent les thèmes, construisent les personnages, conçoivent les costumes et répètent les enchaînements afin de répondre aux exigences artistiques. Les entraînements associent préparation physique, assouplissements, jonglerie, acrobaties au sol et aériennes, ainsi qu’un travail constant de renforcement musculaire. Les artistes accordent aussi une attention particulière à leur alimentation et au suivi de leur état de santé.

Le matériel nécessite par ailleurs un entretien régulier. Certains équipements spécialisés, notamment dans la jonglerie, doivent être importés depuis l’étranger auprès de fournisseurs professionnels.

Malgré le manque de visibilité et les difficultés structurelles, les artistes restent convaincus que le cirque peut progressivement trouver sa place dans le paysage culturel malgache. Plusieurs compagnies émergent déjà dans le pays, notamment Astan Circus, Mamay Compagnie et Mada Circus, dont certains artistes sont issus de cette même dynamique initiée par Aléas Circus.

Pour les membres de la troupe, le cirque dépasse largement le cadre du divertissement. « Ça nous fait vivre», résume l’un des artistes. Au-delà de la performance, ils y voient un moyen de transmettre discipline, créativité et expression artistique aux nouvelles générations.

Cassie Ramiandrasoa

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