SCRUTIN - La refonte de la liste électorale nécessite 34 milliards d’ariary

Une refonte totale de la liste électorale sera prochainement lancée. Les travaux préparatoires s’étaleront sur une période de douze mois.

Les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), hier à son siège à Alarobia.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé, hier à Alarobia, le lancement imminent d’un processus de refonte intégrale de la liste électorale. Pour la mise en œuvre de ce projet d’envergure, le président de l’institution, Thierry Rakotonarivo, a évoqué une enveloppe de 34 milliards d’ariary. Un montant qu’il juge raisonnable, comparé aux 35 milliards d’ariary mobilisés pour une opération similaire en 2022.

Ce budget est distinct des fonds déjà engagés auparavant dans le cadre des opérations de recensement. Il sera constitué à la fois de ressources issues de l’État malgache et de contributions de partenaires techniques et financiers. Toutefois, les responsables de la CENI assurent que, même en l’absence de financements extérieurs, les crédits inscrits dans la loi de finances rectificative permettront de couvrir l’ensemble des dépenses prévues.

Liste biométrique

Les travaux débuteront par une vaste opération de recensement des électeurs, prévue pour une durée de 120 jours, du 28 juillet au 24 novembre 2026. Cette étape constitue le socle de la refonte et vise à actualiser de manière exhaustive les données électorales à l’échelle nationale.

Afin de limiter les erreurs dans l’établissement de la nouvelle liste, la CENI entend recourir à des outils technologiques innovants. L’utilisation d’une application mobile permettra notamment l’inscription en ligne des électeurs, facilitant ainsi l’accès au processus d’enrôlement. Par ailleurs, une troisième saisie des données sera effectuée afin de renforcer la fiabilité des informations recueillies. Deux audits successifs sont également prévus avant l’arrêt définitif de la liste électorale, dont la publication est envisagée pour avril 2027.

Selon les informations recueillies, l’élaboration d’une liste électorale biométrique complète nécessite généralement entre trois et cinq années de travaux préparatoires. Toutefois, la CENI ne disposerait que de 24 mois pour concrétiser cette ambition. Une contrainte de temps qui représente un défi de taille pour l’institution.

Néanmoins, Thierry Rakotonarivo indique que les données déjà collectées dans le cadre du recensement biométrique en cours pourraient être exploitées pour finaliser la refonte de la liste électorale. Cette approche permettrait de gagner du temps tout en amorçant progressivement la transition vers un fichier électoral plus sécurisé et plus fiable.

Doris Mampionona

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