Un mois et une semaine après des violences impliquant des gendarmes à Antalaha, l’affaire demeure sans suite judiciaire claire.
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| Une équipe de la direction régionale du ministère de la Population de la Sava s’est rendue au chevet de l’adolescente à l’hôpital. |
Une adolescente de 17 ans est actuellement hospitalisée à l’hôpital de Besopaka, à Sambava, après avoir été victime d’un viol qu’elle attribue à des gendarmes, jusqu’ici non poursuivis. Elle souffre de douleurs abdominales, de lésions intimes, a perdu du poids et présente des troubles de la marche.
Selon son témoignage, quatre gendarmes ont pénétré à son domicile alors qu’elle dormait. L’un d’eux l’aurait menacée de mort avec une arme si elle refusait tout rapport sexuel. Elle affirme reconnaître son agresseur.
Ces violences s’inscrivent dans une série d’exactions signalées à Marofinaritra, dans le district d’Antalaha, après la disparition d’un pistolet automatique. Selon le député Julien Nasira, un gendarme en état d’ivresse aurait perdu son arme dans la nuit du 2 au 3 avril.
Autorisation de poursuite
La gendarmerie conteste cette version et soutient que l’arme aurait été dérobée lors d’une intervention au cours de laquelle un gendarme aurait été pris à partie par des habitants. L’affaire aurait ensuite dégénéré en abus de pouvoir. Plusieurs habitants ont été arrêtés et frappés, un jeune homme de 20 ans est décédé et la population dit avoir vécu dans la peur.
Le député Julien Nasira dénonce l’absence de sanctions contre les gendarmes impliqués. La procureure d’Antalaha aurait indiqué attendre une autorisation de poursuite de la hiérarchie militaire. Le pistolet disparu aurait été retrouvé, sans qu’aucune précision officielle n’ait été fournie. Population et élus réclament des mesures exemplaires, mais aucune action concrète n’a, jusqu’ici, été annoncée.
Face à la colère et au sentiment d’impunité, la Gendarmerie nationale a publié jeudi un communiqué. Elle y réaffirme son attachement à sa devise, « Patrie et Loi », condamne fermement les abus commis par certains de ses éléments et annonce des réformes internes.
Le ministre délégué chargé de la Gendarmerie, le général Bama Marima, et le commandant de la Gendarmerie nationale, le général Mbina Nonos Mamelison, annoncent la mise en œuvre de dispositifs d’assainissement et de réforme. L’institution appelle également à renforcer la coopération avec les autorités et la population afin de restaurer la confiance.
Gustave Mparany
