À Anosy, un procès pour vol de pierres précieuses, qui s’est déroulé dans un atmosphère quelque peu détendue, a vu la condamnation d’un gardien, ainsi que ses trois coaccusés, à trois ans de prison ferme.
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| Le fourgon de l’administration pénitentiaire fait son entrée au Palais de Justice d’Anosy. |
Un procès expéditif mais cocasse s’est tenu hier dans la bibliothèque, porte 301, du Palais de justice d’Anosy. L’affaire concerne un vol de pierres précieuses commis dans la nuit du 2 au 3 mai 2025 dans une propriété située à 67 Ha. Le principal accusé était le gardien, aperçu par une caméra de surveillance quittant son poste en transportant un objet lourd, accompagné d’un complice.
Un troisième accusé, debout à leurs côtés, a juré ne rien savoir de cette affaire. « Je ne sais rien de tout ça, j’étais chez moi en train de boire », a-t-il lancé. Le juge s’est étonné : « Alors pourquoi vous ont-ils cité ? » Il a répliqué : « Peut-être que la police les a frappés et qu’ils m’ont mêlé à cette affaire. » Les deux accusés ont confirmé : « Il n’a pas participé au vol ni au partage, et il n’apparaît pas sur la caméra. » Deux autres accusés étaient absents du procès.
Selon les faits exposés par la greffière, les pierres précieuses, dont la nature n’a pas été précisée, étaient estimées à 60 millions d’ariary. Elles avaient été séparées en deux demi-sacs et appartenaient à un ressortissant chinois.
À l’aise
Le président d’audience a interrogé : « Après les avoir volées, où les avez-vous vendues et pour combien ? » Le gardien a expliqué : « Je les ai écoulées dans le quartier pour un million d’ariary. »
Avec cet argent, il s’était acheté des vêtements neufs et avait payé son transport vers Manakara, où la police l’avait arrêté. À l’entendre, le juge et le public ont ri, tant l’accusé semblait à l’aise en racontant son forfait.
Le magistrat a ironisé : « Finalement, qu’est-ce que vous avez gagné ? Rien que des habits et un voyage. Au moins, vous auriez pu acheter des cochons. » Le gardien a répliqué : « Non, on ne mange pas de porc, c’est tabou. »
Le président s’est ensuite tourné vers le coaccusé et lui a demandé : « A-t-on trouvé des pierres chez vous ? »
Celui-ci a reconnu : « Oui, c’est lui, le gardien, qui me les a confiées. » Son casier judiciaire mentionnait déjà trois mois d’incarcération pour contrefaçon de billets et cinq ans ferme pour une affaire de kidnapping. Le juge a alors relevé : « Et maintenant, vous voilà encore dans une affaire de vol de pierres précieuses. »
Le procès, auquel la partie civile était absente, s’est achevé en quelques minutes sur un récit ponctué de touches d’humour. Le chef d’inculpation de vol avec effraction commis de nuit a été requalifié en vol au préjudice de l’employeur. Le gardien et le récidiviste ont été condamnés à trois ans de prison ferme. L’accusé cité à tort, ainsi que les deux absents, ont été acquittés au bénéfice du doute.
Gustave Mparany
