Pour la première fois depuis les manifestations de septembre et octobre, la Gen Z redescend dans la rue. Le Chef de l’État met en cause une mobilisation qu’il juge manipulée et déconnectée des exigences de compétence politique.
![]() |
| La Gen Z appelle à une nouvelle manifestation à Ambohijatovo, ce jour. |
Une fracture. L’idylle entre les jeunes au sein du mouvement Gen Z et les tenants du pouvoir est en train de s’étioler. En cause, une divergence de vues grandissante sur la gouvernance de la Transition.
Pour la Gen Z, la manière dont est conduite la Refondation de la République, jusqu’ici, ne répondait pas aux aspirations exprimées durant les manifestations de septembre et octobre. Depuis quelque temps, ils insistent sur la revendication de la dissolution de l’Assemblée nationale, de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Des institutions qu’elle estime incarner « le système de gouvernance défaillant et vénal » qu’elle dénonce.
Après avoir émis un ultimatum de 72 heures, sans réponse, des membres de la Gen Z et d’autres anciens manifestants de septembre et octobre sont descendus dans la rue, hier. « Une marche pacifique » afin d’interpeller les dirigeants à écouter leurs revendications et à agir en conséquence. Une marche qui a démarré sur la place d’Ambohijatovo pour rejoindre celle du 13-Mai, à Analakely. Un des exemples martelés est « la versatilité » des députés et leur défaillance dans leur rôle de contrôle de l’Exécutif.
« Nous sommes ici pour rappeler nos revendications. Pour interpeller, puisque jusqu’ici, il y a encore des entités qui nous empêchent d’avancer vers une vraie concertation nationale », déclare Herizo Andriamanantena, une des figures de la Gen Z. Il enchaîne en réclamant l’organisation d’une « pré-concertation, afin de mettre en place les instances qui permettront d’organiser une vraie concertation nationale ». Il cite notamment la mise en place d’une Assemblée constituante et d’un Comité populaire au niveau du Fokonolona.
Remontrance
« On ne sait plus de quel genre de concertation on parle actuellement. L’objectif est-il juste de changer de Constitution, de changer de système ou autre chose ? C’est la raison pour laquelle nous demandons cette pré-concertation », ajoute Herizo Andriamanantena.
Contrairement à la mobilisation massive du 25 septembre 2025, date de la première manifestation populaire initiée par la Gen Z, peu ont répondu à son appel pour une nouvelle descente dans la rue, hier. Ils n’ont été qu’une poignée pour « la marche pacifique ». Cette fois-ci pourtant, il n’y a eu aucune restriction. Aucun élément des Forces de défense et de sécurité (FDS) pour leur faire obstacle.
Ceux qui étaient présents sur le terrain, hier, défendent leur nombre réduit par « une initiative volontaire de ne s’en tenir qu’à des représentants ». La raison serait que la primature aurait demandé à rencontrer des représentants de la Gen Z. Une rencontre qui se serait déroulée au même moment que la manifestation d’hier, affirment-ils, en ajoutant « qu’en attendant l’issue de la rencontre, nous allons quand même tenir notre marche pacifique ».
Au même moment, en marge d’une cérémonie à l’École nationale d’administration de Madagascar (ENAM), à Androhibe, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, réagit à cette nouvelle descente dans la rue de la Gen Z. En réponse à la presse, les mots du locataire d’Iavoloha sonnent comme une remontrance. « J’encourage les jeunes à apprendre la véritable politique », déclare-t-il en introduction de sa réponse.
L’officier supérieur voit en cette nouvelle mobilisation de la Gen Z, d’une part, une réaction de ceux qui n’ont pas obtenu de poste au sein du pouvoir. S’adressant visiblement à Herizo Andriamanantena, sans le nommer, le Chef de l’État déclare : « Ce n’est pas parce que vous faites du bruit sur les réseaux sociaux que vous pouvez ensuite déposer un dossier pour devenir ministre. Et lorsque votre candidature n’est pas retenue, (…) vous en venez alors à inciter les gens à semer le désordre », soutient-il.
Questionné sur ce point à Ambohijatovo, le membre de la Gen Z a indiqué qu’il avait candidaté au poste de ministre « pour servir de balise, afin que son profil soit le seuil minimum pour sélectionner les ministres ». D’autre part, le locataire d’Iavoloha estime que l’initiative des jeunes manifestants est manipulée. Sans ambages, il affirme que « des hommes politiques financent ce mouvement. Telle est la réalité des choses à Madagascar. Nous verrons quelles sont les mesures à prendre ».
Sur sa lancée, le colonel Randrianirina ajoute : « Les Malgaches ne se laisseront pas tromper par des mises en scène que vous organisez, alors même que vous recevez de l’argent de certains politiciens.
Vous recevez aussi des financements de l’étranger, pour ne pas dire autre chose ici. Les Malgaches ne tomberont pas dans ce piège. »
L’insistance et l’entêtement de la Gen Z agacent vraisemblablement le locataire d’Iavoloha. Ses propos à Androhibe entraînent des réactions mitigées au sein de l’opinion publique. Et bien que l’officier supérieur ait haussé le ton, les jeunes manifestants n’en démordent pas. Estimant ne pas être écoutés, ils affirment que « la lutte continue » et annoncent une nouvelle mobilisation à Ambohijatovo, ce jour.
Garry Fabrice Ranaivoson

Heureusement que la GEN Z avec ses défauts reste une balise essentielle .Les outrances publiques démontrent un autre visage du Colonel à la tête de la refondation . L'apprentissage de la démocratie a du chemin . Un minimum de pédagogie vis à vis des jeunes fait défaut .
RépondreSupprimerLa Gen Z s’inquiète de la présence de plusieurs personnages controversés dans le cercle du pouvoir à Madagascar. La nomination de Onitiana Realy en tant que Directrice de cabinet du Président de la Transition Colonel Randrianirina, a surpris .Cette ancienne journaliste originaire du Grand Sud a dû fuir le pays en 2019 après qu’un audit auprès de son ministère eut révélé un détournement de 4.524.972.000 ariary. Elle fut dans la foulée inculpée pour « favoritisme, faux et usage de faux en écriture publique, abus de fonction et détournement de deniers public ».Son époux, Briand Andrianirina, fondateur de la station de télévision Real TV, fut Président du conseil d’administration de l’ARTEC (Autorité de régulation des technologies de communication). Il a été cité à la même époque dans une affaire de détournement au sein du ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique.
La Gen Z dénonce par ailleurs l’influence croissante de certains affairistes auprès de la Présidence de la transition. Parmi ceux-ci figure en chef de file Paul Sylvestra Koufali Daya, un jeune indo-malgache dénoncé en février 2022 par un complice pour « trafic d’or et trafic de devises ».Dans le même registre, la sortie publique de Raissa Razaivola lors de l’inauguration d’une route pavée en compagnie du ministre de la communication Gascar Fenosoa, a défrayé les chroniques . Condamnée à 7 ans de travaux forcés à la suite d’affaires ténébreuses en 2023, Raissa Razaivola a pu bénéficier d’une mesure d’élargissement au même titre que les prisonniers politiques après la chute du précèdent gouvernement, alors qu’il lui reste encore 5 ans à « tirer ». L’incompréhension est donc totale devant l’incorporation au coeur du pouvoir de ces personnages au passé pour le moins équivoque.
Apres la déchéance du « parrain » Mamy Ravatomanga, assiste-t-on a une montée en puissance de nouveaux adeptes de la méthode Pablo Escobar à Madagascar ? Les déceptions se font jour, et le capital de confiance à l’endroit des dirigeants de la transition commence à s’effriter. Fanirisoa Erinaivo, ministre de la justice, et ancienne figure de la diaspora malgache en France fait ainsi l’objet de sévères interpellations pour avoir déclaré dans une interview à France 24 que « Koufali Daya n’est pas un trafiquant d’or » .Les 73 kilos d’or saisis à Johannesburg le 31 décembre 2020 et les lingots de 49 kilos interceptés aux Comores en décembre 2021 seraient la propriété du député russophile Siteny Randrianasoloniaiko, devenu l’actuel président de l’assemblée nationale malgache ! A ce jour, aucun démenti n’a été publié par le principal intéressé.On parle désormais de « Sitenygate ».
Le Colonel Michael est aujourd’hui à la croisée des chemins : soit il agit, soit il portera à jamais la responsabilité d’avoir offert l’État Malagasy aux marchands d’or, dans un théâtre politique tragique mais bien réel . Et n'en parlons pas de ce premier ministre qui a été le chouchou de l'ancien président Français de Madagascar en fuite sinon il ne serait jamais reconduit deux fois à son poste de DG du Samifin . Bonjour les espoirs qui vont s'envoler si on compte sur lui sur la lutte contre les blanchiments de capitaux .
Le journaliste décédé Maurice Tsiavonana a bien souligné que Onitiana Realy est "dangereuse " et tout se comprend comme elle est à ce poste sensible et stratégique pour dérouler ses prédations ! A bon entendeur ...
Et voilà que Marco ne soutient plus la "refondation militaro-politicienne". Comme quoi, tourner sa veste ne gêne pas grand monde en ces jours de revendications quotidienno-normales. Et oui, les Jeunes apprennent pendant que d'autres continuent de profiter d'un système pour l'instant pas très démocratique. Mais bon, l'Histoire s'apprend ... en bougeant, sinon, le peuple souffrira encore et encore !!! Au fait, c'était mieux hier ? C'est mieux aujourd'hui ? Ou bien ce sera mieux demain ? Terribles questions ???
RépondreSupprimer