SPORT DE HAUT NIVEAU - Les athlètes attendent un programme de reconversion

Aurélie Jonary (dans son atelier), avec ses seize  collaborateurs, se spécialise dans la confection.

En clôture de la Journée internationale du sport, célébrée dimanche au stade Barea Mahamasina, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a placé un sujet sensible sous les projecteurs : l’avenir des sportifs après leur carrière. Devant les fédérations, dirigeants et athlètes, le chef du gouvernement a évoqué la nécessité de structurer un véritable accompagnement, allant de la formation à la reconversion professionnelle.

Dans son intervention, il a insisté sur la responsabilité de l’État et des institutions sportives à mieux préparer les athlètes à « la vie d’après », souvent marquée par une rupture brutale. « Une attention particulière sera accordée aux athlètes lorsqu’ils défendent l’honneur de Madagascar, notamment après leur carrière, car il est parfois triste de constater que certains, après avoir porté haut les couleurs nationales, se retrouvent en difficulté », confie le premier ministre (ndlr). Une déclaration forte, dans un pays où de nombreux anciens champions peinent à se réinsérer, faute de dispositifs adaptés.

Sur le terrain, les réactions oscillent entre espoir et prudence. Plusieurs sportifs présents saluent une prise de conscience au sommet de l’État, mais rappellent que les discours doivent désormais se traduire en actions concrètes. « On parle souvent de reconversion, mais peu d’entre nous bénéficient réellement d’un accompagnement », confie un ancien international, aujourd’hui sans emploi stable, et qui veut garder l’anonymat.

Reconversion

Les fédérations, elles, reconnaissent leurs limites. Si certaines tentent d’initier des formations ou des partenariats, le manque de moyens financiers et de structuration freine les initiatives. Beaucoup plaident pour une politique nationale claire, capable d’unifier les efforts et d’imposer un cadre durable.

Dans les faits, la reconversion des sportifs malgaches reste largement dépendante d’initiatives individuelles. Quelques réussites existent, portées par l’anticipation ou des opportunités professionnelles, mais elles demeurent l’exception. C’est le cas de Joseph-Berlioz Randriamihaja, installé en France, de Toussaint Rabenala, d’Aurélie Jonary à Madagascar, de Faneva Ima Andriatsima ou de Lalaina Nomenjanahary en football.

Joseph-Berlioz Randriamihaja, ancien champion d’Afrique du 110 m haies, a donné son avis : « Ce serait vraiment bien si tout ce que le Premier ministre a évoqué se concrétisait. Jusqu’à présent, cela n’a jamais vraiment existé, on n’agit souvent qu’après coup. Moi, personnellement, j’exige qu’il y ait un cadre contraignant obligeant l’État à agir, sinon il y aura surtout beaucoup de discours sans suite. Il faut que la prise en charge des sportifs et des anciens sportifs soit inscrite dans la loi. Cela doit être clair et officiel. On peut déjà remercier le Premier ministre d’avoir abordé ce sujet ».

L’intervention du Premier ministre ouvre une perspective, mais elle met aussi en lumière un retard structurel. Sans mécanismes concrets - formations diplômantes, accompagnement personnalisé, passerelles vers l’emploi - les intentions risquent de rester lettre morte.

Donné Raherinjatovo

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne