MAHAJANGA - Des collégiennes victimes d’une crise de possession collective

Les cours étaient suspendus à l’établissement scolaire en raison de la crise collective des filles.

Scène inhabituelle dans un collège privé à Mangarivotra, à Mahajanga, un groupe de jeunes filles âgées de 11 à 17 ans a soudainement été pris de crises de possession collective attribuées à l’Ambalavelona, hier matin vers 7h.

Ce phénomène d’hystérie collective s’est manifestée par des cris et de peur accompagnés de pleurs et de regards effrayés. D’autres jeunes filles ont également perdu connaissance en voyant la scène.

Le phénomène, jugé contagieux, a touché une trentaine de jeunes filles dans la classe de 4ème et une dizaine dans la classe de 3ème. Les garçons forts de leur classe sont intervenus pour maîtriser les victimes en transe.

La crise s’est déroulée avant le rassemblement des élèves. Des religieux de cette école étaient sont intervenus pour tenter de calmer les élèves malades, tandis que de l’eau bénite était aspergée sur les victimes.

« Une fille s’est mise à crier très fort pendant le rassemblement. Puis, elle s’était évanouie et a été emmenée à la chapelle. La crise a commencé par une jeune fille de la classe de 4ème puis une quarantaine de ses camarades ont aussi poussé la même crise, aussitôt après. Ensuite, une dizaine d’élèves dans la classe de 3ème ont également atteintes», a déclaré un élève qui a assisté à la scène.

« J’ai déjà été victime de cette crise cinq à six fois depuis le début de l’année. J’ai peur de quelque chose, mais je ne me souviens de rien après avoir repris mes esprits », a confié une des victimes.

Mesures

Face à la situation, les responsables de l’établissement ont pris des mesures pour suspendre les cours pour les classes secondaires hier matin.  Des parents, inquiets, sont venus récupérer leurs enfants. Les élèves du primaire ont été retenus jusqu’à l’heure de la sortie.

Par la suite, il a été décidé que les cours ont été suspendus hier toute la journée. La reprise aura lieu ce matin à 7h, précédée d’une messe. Le phénomène d’envoûtement ou possession est introduit par des esprits malins chez une victime.

« À Madagascar, l’Ambalavelona n’est pas considéré comme une superstition mais comme une réalité bien concrète, visible et tangible. Le but du sorcier qui injecte l’Ambalavelona à une personne est de la tuer. Le puissant sort qu’il tient entre ses mains l’incite au suicide. L’esprit maléfique qui réside en la personne affectée par l’Ambalavelona l’incite à se jeter dans un ravin, dans le feu ou dans l’eau sans délai. En entendant le récit des actes et des actions de la personne dupée par l’Ambalavelona et qui ne meurt pas, le sorcier s’exclame: hay mbola velona ? (A! Toujours en vie ?), d’où l’apparition du terme Ambalavelona. Seules la prière et une vie spirituelle sont les seules solutions », a expliqué un pasteur, ancien président de la branche Fifohazana Fjkm à Madagascar, également auteur d’un ouvrage, combattre Ambalavelona (Fandresena Ambalavelona).

Vero Andrianarisoa

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