SÉCURITÉ - La peur freine le dépôt de plaintes

Lors de la sortie de promotion à l’ENAM Androhibe,  la semaine dernière. 

De nombreuses personnes hésitent encore à se rapprocher des Forces de l’ordre, par crainte de représailles ou par manque de confiance dans l’efficacité des démarches. « Des faits se sont produits récemment, mais nous n’avons pas pu porter plainte, car nous avions peur que la personne en question ne se venge par la suite », confie un individu ayant requis l’anonymat.

Pour le Directeur général de la Police nationale (DGPN), le Contrôleur général de police Tsaramonina Ravony, la mission des Forces de l’ordre ne se limite pas à l’arrestation des auteurs d’infractions. 

« La mission inclut également la prévention de l’insécurité», a-t-il indiqué la semaine dernière.

Dans cette optique, la « police de proximité » a été mise en place afin de rapprocher davantage les Forces de l’ordre des citoyens. Cette approche intervient dans un contexte où l’insécurité, les violences et les conflits sociaux demeurent des préoccupations majeures de la population.   La notion de police de proximité a également été abordé dans le cadre académique. Le Commissaire de police Théophile Tsaramanana, issu de la 7e promotion « Tafita » de l’École nationale d’administration de Madagascar (ENAM), a travaillé sur ce sujet dans le cadre de sa formation en gestion publique, pour lequel il a obtenu une note honorable. Une cérémonie de sortie de promotion à l’ENAM s’est tenue vendredi à Androhibe.

Ce dispositif consiste notamment à aller vers les habitants, à travers des patrouilles à pied dans les quartiers, des visites dans les marchés, les écoles ou encore dans les zones jugées sensibles. Des rencontres avec les responsables locaux et la population permettent également d’identifier les problèmes et de rechercher des solutions communes.

Selon le DGPN, l’objectif est de restaurer la confiance entre la police et la population. Une démarche jugée essentielle face aux réticences encore observées lors du dépôt de plaintes.

La protection des jeunes constitue également un axe important de cette approche. Des actions de sensibilisation sont menées dans les établissements scolaires, notamment sur la prévention des violences et la protection des femmes.

« Malgré les défis, des résultats positifs sont déjà observés dans certaines localités, renforçant ainsi l’intérêt de cette approche », conclut le DGPN.

Mialisoa Ida

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