Suspendu pendant 16 ans, l’octroi des permis miniers est de nouveau relancé, marquant, selon les acteurs concernés, un tournant majeur dans la gestion du secteur extractif. Toutefois, la procédure et les critères d’obtention de ces documents sont devenus plus exigeants. Depuis l’arrivée au pouvoir des dirigeants actuels, une seule société a rempli les conditions requises pour l’octroi d’un permis d’exploitation des ressources minières. Les autres, soit près de 3 000 demandes bloquées depuis plus d’une décennie, attendent encore leur validation.
Interrogé sur ce sujet hier à Ampandrianomby, le ministre des Mines et des Ressources stratégiques, Carl Andriamparany, a précisé que des conditions strictes sont désormais imposées afin de mieux protéger les ressources minières de Madagascar. Parmi ces exigences figurent notamment l’élaboration obligatoire d’un plan de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), incluant, entre autres, la réalisation de forages d’eau potable au profit des populations des zones concernées par l’exploitation, ainsi que le paiement d’une taxe équivalente à 3 % des investissements initiaux à l’État. L’étude et la phase d’exploration font également l’objet d’un suivi rigoureux afin de mieux cerner l’objet de l’exploitation. « Les permis ne seront pas délivrés à l’aveuglette », a-t-il souligné.
Certaines de ces mesures existaient déjà auparavant, mais le régime actuel insiste sur leur application stricte. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer le contrôle et d’améliorer la gouvernance du secteur minier. D’autres efforts sont actuellement déployés par l’État, tels que le retour de la police des mines au niveau des aéroports d’Antananarivo et de Nosy Be, ainsi que la mise en place d’une raffinerie nationale. La relance de l’octroi des permis miniers devrait permettre de redynamiser plusieurs projets stratégiques, à l’image des sites de Sakoa ou de Tsimiroro, en attente de redémarrage.
Doris Mampionona