Face à une couverture vaccinale encore faible contre la Mpox, les autorités sanitaires élargissent la campagne à l’ensemble de la population.
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| Une personne recevant une dose de vaccin contre la Mpox. |
Tous ceux qui désirent se faire vacciner contre la Mpox sont les bienvenus », a indiqué le directeur général de la médecine préventive au ministère de la Santé publique, le Dr Andrianina Désiré Rakotoarimino, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé à Mahamasina, avant-hier. Il a annoncé de nouvelles stratégies susceptibles de changer la donne, notamment le renforcement des actions de sensibilisation et l’ouverture de la vaccination à l’ensemble de la population.
Jusqu’ici limitée aux personnes vulnérables, telles que les agents de santé en première ligne, les travailleurs du sexe, les personnes vivant avec le VIH, les usagers de drogues injectables et les cas contacts, la campagne de vaccination contre la Mpox s’élargit désormais.
Le taux de couverture vaccinale reste cependant faible, un mois après le lancement de la campagne ciblée. « Sur les 140 000 personnes visées, moins de 10 000 ont reçu leur dose à ce jour », a alerté le Dr Laurent Musongo, représentant résident de l’OMS à Madagascar.
Le ministère de la Santé publique mise ainsi sur une nouvelle approche pour accroître le nombre de personnes protégées. « Une réunion en ligne a déjà eu lieu avec les directions régionales de la Santé publique à travers Madagascar afin de renforcer cette stratégie et de rapprocher les services de la population », a précisé le Dr Désiré Rakotoarimino.
Vigilance
Dix-sept sites de vaccination contre la Mpox sont ouverts à Antananarivo. Dans le district d’Ambohidratrimo, la vaccination est assurée au niveau des centres de santé de base de niveau 2 (CSB2), notamment à Ambohitrimanjaka, Ivato Aéroport, Antehiroka, Merimandroso et Mahitsy. Du côté d’Antananarivo-Atsimondrano, les structures de santé d’Itaosy, Tanjombato, Anjomakely et Fenoarivo sont mobilisées.
Plusieurs sites sont également opérationnels dans le district d’Antananarivo-Avaradrano, dont le CTI d’Anosy Avaratra ainsi que les CSB2 de Sabotsy Namehana, Ankadikely, Ambohimangakely, Alasora et Ampahimanga Ambohimanambola. À Antananarivo-Renivohitra, le CSB2 Isotry Centre assure la vaccination.
Selon le dernier bilan du Centre d’opérations d’urgence de santé publique, Madagascar a enregistré 1 728 cas notifiés de Mpox depuis le début de l’épidémie, à la mi-décembre, jusqu’au 7 avril. Parmi eux, 829 sont confirmés, trois décès ont été recensés et 680 personnes sont guéries. La vigilance reste de mise, le virus continuant de circuler.
Le Pr Köcher Diavolana Andrianarimanana, du Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP) national, a lancé un appel à la mobilisation générale. Elle encourage l’ensemble de la population à se faire vacciner sans attendre, rappelant que la vaccination demeure l’un des moyens les plus efficaces de se protéger et de limiter la transmission du virus. Elle insiste également sur l’importance de renforcer la vigilance individuelle et collective, notamment à travers le respect des mesures de prévention.
« Madagascar utilise le vaccin MVA-BN, fabriqué par le laboratoire Bavarian Nordic. Produit depuis la fin des années 1990, ce vaccin est autorisé depuis 2013 dans l’Union européenne contre la variole humaine », explique le Dr Paubert Tsivahiny.
Prioritairement utilisé aux États-Unis depuis 2019, ce vaccin est également employé dans plusieurs pays africains touchés par la Mpox, notamment en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et dans certains pays d’Afrique de l’Ouest. « Ce vaccin permet de produire des anticorps offrant une protection contre la Mpox», précise le médecin.
Mialisoa Ida
