Après les forages engagés en 2016 pour confirmer l’existence de gaz naturel à Mahaboboka-Sakaraha, les activités s’étaient ralenties. Les autorités entendent aujourd’hui relancer ce gisement.
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| Visite au site gazier de Mahaboboka, Sakaraha, région Atsimo Andrefana, par le chef de l’État, Michaël Randrianirina |
Le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, s’est rendu samedi à Ankiloky, à Mahaboboka Sakaraha, dans la région Atsimo-Andrefana. Il a visité le site d’exploitation de gaz naturel sec, en partie à l’arrêt depuis plusieurs années. Sur place, des installations et des conduites de gaz, issues de forages atteignant près de 3 000 mètres de profondeur, lui ont été présentées, en présence notamment du président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko.
Selon le ministère des Mines, le gisement contiendrait entre 20 et 25 milliards de mètres cubes de gaz, avec un potentiel accru si une dizaine de puits supplémentaires étaient exploités.
« Cette visite confirme le potentiel énergétique et l’existence de gaz naturel à Mahaboboka, un gaz de type méthane pouvant être utilisé pour produire de l’électricité. Des groupes de 75 kVA fonctionnent déjà sur le site grâce à cette ressource », a indiqué le ministre des Mines, Carl Andriamparany.
Les autorités affirment vouloir donner une suite opérationnelle à ce projet. « Nous étudions les moyens permettant aux Malgaches de bénéficier des ressources du pays. Le processus de sélection d’un partenaire industriel pour l’exploitation commerciale du gaz de Mahaboboka est en cours », a déclaré le chef de l’État.
Selon les explications fournies, l’ancien exploitant avait suspendu ses activités dans l’attente d’un accord sur la question de la TVA. Le Code pétrolier prévoit en principe qu’une société en phase d’exploration n’y est pas assujettie. Le futur opérateur devra, le cas échéant, s’inscrire dans un cadre contractuel clarifié.
Un projet à fort potentiel
L’exploitation du gaz naturel repose sur un processus industriel complexe, allant de la prospection et du forage à l’extraction, au traitement et au transport. Les activités d’exploration et d’exploitation gazière ou pétrolière s’inscrivent dans le cadre de contrats de partage de production conclus entre l’OMNIS (Office des mines nationales et des industries stratégiques) et les opérateurs.
Les recherches sur le site de Mahaboboka ont débuté en 2005, avec un premier forage réalisé en 2011. En 2016, la société Madagascar Southern Petroleum Company (MSPC) a mis en évidence, à environ 2 900 mètres de profondeur, un gisement de gaz naturel sec exploitable. Elle estimait alors les réserves à près de 20 milliards de mètres cubes pour un seul puits, tandis que d’autres restaient à évaluer.
Les forages destinés à préciser l’étendue des réserves doivent être relancés. À terme, le gisement pourrait couvrir les besoins énergétiques de Mahaboboka et de Sakaraha, alimenter la région Atsimo-Andrefana, voire contribuer à l’approvisionnement national en électricité. Selon le ministère, la qualité du gaz est jugée élevée.
« Il est prématuré de se prononcer sur un calendrier précis pour la sélection d’un partenaire industriel. Ce processus dépend de plusieurs paramètres. L’objectif est de transformer ce potentiel en levier de développement et de renforcer l’autonomie énergétique », a précisé le ministre des Mines.
Mirana Ihariliva
