RÉSILIENCE - Les Malgaches fêtent Pâques dans la dignité

Malgré les coupures d’électricité et la pénurie de carburant dans certaines localités, les Malgaches ont célébré Pâques dans une ambiance globalement conviviale. À Antananarivo, entre célébrations religieuses et affluence vers les périphéries, le week-end pascal a révélé un besoin d’évasion, de partage et de retrouvailles.

Hier, chaque famille a profité de la journée pour se détendre, pique-niquer et se ressourcer dans une ambiance conviviale.

Le long week-end de Pâques a donné lieu à un important mouvement de sortie de la capitale. Malgré une circulation difficile depuis plusieurs jours, la pénurie de carburant dans certaines villes ainsi que les coupures d’électricité observées dans plusieurs localités, notamment à Antsirabe, les Malgaches ont tenu à célébrer cette fête religieuse, chacun à sa manière. Les pique-niques et les sorties simples ont été privilégiés, notamment en raison des coûts.

Les festivités ont d’abord été marquées par une forte mobilisation des fidèles à l’occasion du dimanche de Pâques, point culminant de la célébration chrétienne. Les chrétiens ont afflué vers les lieux de culte, où plusieurs messes ont été célébrées, généralement en une, deux ou trois sessions selon les églises. Beaucoup sont venus en famille ou entre amis, dans un esprit de recueillement.

Dans les églises, l’atmosphère était à la fois solennelle et recueillie, rythmée par des chants, des sermons centrés sur la résurrection et des prières.

Comme il s’agissait d’un moment important du calendrier religieux, certaines églises ont également procédé à des baptêmes, des mariages collectifs et des communions. Plusieurs fidèles évoquent un moment de spiritualité. « J’ai été touchée par l’ambiance, les chants et le sermon du prêtre », témoigne Rasendrasoa, une fidèle rencontrée à la sortie de l’office à l’église du père Pedro, au village Manantenasoa. Dans cette paroisse, de nombreux étrangers ont assisté à la messe avec le père Pedro et ses protégés. Les fidèles sont repartis dans un climat apaisé.

Côté repas, chaque famille a tenté de préparer des plats différents du quotidien. « Pour notre part, nous avons essayé de préparer des oies pour Pâques », confie Raharinirina, mère de famille. D’autres ont opté pour du poulet, de la viande de porc, de zébu ou du canard.

Lundi de Pâques

Au lendemain des célébrations religieuses, place à la détente. Le lundi de Pâques a été marqué par un mouvement vers la périphérie. À Antananarivo, nombreux sont ceux qui ont choisi de quitter le centre-ville pour passer un moment en famille ou entre amis.

Dès les premières heures de la matinée, les axes périphériques et les espaces naturels ont été fortement fréquentés. Le long du By-pass, notamment à Ankadievo, les bords de route se sont transformés en aires de pique-nique : nappes étalées sur l’herbe, repas partagés et jeux en plein air.

La plupart des espaces ouverts de la périphérie ont été investis par les promeneurs en quête de détente et d’air frais. Ces lieux ont rapidement été occupés par des groupes familiaux ou amicaux.

« L’objectif est de respirer un air plus frais, loin du tumulte urbain, et de partager un moment en famille ou entre amis », explique Nampoina Rakotoarivelo, un père de famille ayant emmené ses enfants dans un espace de jeu à Ankadievo.

Même constat au Marais Masay, où de nombreux groupes étaient présents. Les environs d’Ambohimangakely, d’Ampitatafika, d’Ambohidratrimo et d’Ambatofotsy ont également connu une forte affluence. Facilement accessibles, ces localités attirent chaque année les citadins en quête d’espace.

Les abords du lac Iarivo ont aussi été fréquentés, offrant un cadre propice aux regroupements. Cette affluence s’explique notamment par le besoin de déconnexion, mais aussi par le manque d’espaces verts aménagés dans la capitale. Pour beaucoup, ces sorties constituent une solution accessible.

« On ne sort pas souvent en famille. Aujourd’hui, j’ai voulu faire plaisir à mon enfant. Ici, il peut courir et jouer librement », confie une mère de famille.

« Nous avons apporté à manger et quelques jeux. Depuis ce matin, il ne s’arrête pas de rire. Cela nous permet de nous retrouver, loin du stress », ajoute-t-elle.

Par ailleurs, certains espaces en centre-ville ont également attiré du monde. Dès la matinée, des files d’attente se sont formées aux entrées du jardin d’Ambohijatovo, à Anosy. « Nous avions l’habitude de venir ici chaque lundi de Pâques », indique Faramalala, une mère de famille.

Mialisoa Ida et Miangaly Ralitera

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne