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| Le colonel Randrianirina durant son discours lors d’un meeting à Fianarantsoa, samedi. |
Quid du délai de vingt-quatre mois ? Cette question s’impose après les déclarations du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, à Fianarantsoa, samedi. Le locataire d’Iavoloha a en effet indiqué qu’une Feuille de route devrait découler de la concertation nationale. Une Feuille de route qui conduira à la mise en place d’un cadre pour conduire la Refondation.
Dans le cadre de son déplacement dans la capitale de la région Matsiatra Ambony, samedi, le Chef de l’État a rencontré les représentants des forces vives de cette collectivité décentralisée. Durant cet échange, il a été questionné sur le changement de système de gouvernance, voulu par ceux qui ont mené les manifestations de septembre et octobre. En parallèle à ce rendez-vous, un groupe de jeunes, à Antananarivo, a demandé la dissolution de l’Assemblée nationale et la mise en place d’une Assemblée constituante.
« À l’heure actuelle, je ne peux pas dissoudre les institutions », réplique le colonel Randrianirina, en tablant sur la décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) du 14 octobre. Usant de son « pouvoir de régulation des institutions », elle a attribué le pouvoir présidentiel à « l’autorité militaire compétente incarnée par le colonel Randrianirina». La Cour d’Ambohidahy souligne toutefois « qu’il est fait interdiction à l’autorité qui supplée le président de la République de dissoudre les institutions et organes prévus par la Constitution ».
Concertation souveraine
À s’en tenir aux réponses du locataire d’Iavoloha, il appartiendra à la concertation nationale de décider de tout changement de structure ou de système de gouvernance.
« Il nous appartient d’accélérer les discussions afin d’aboutir au changement de système que nous visons », ajoute-t-il, en abordant également la question de la Feuille de route de la Transition, voulue par une partie de l’arène politique.
Le colonel Randrianirina note que le Programme de la Refondation, qui a été publié et remis à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), déconcerte la classe politique, « puisqu’il prévoit la tenue des concertations nationales menant vers les élections et non pas de partage de gâteau [sièges], comme le voudraient certains». Il ajoute néanmoins qu’il est « convaincu qu’une fois la concertation nationale achevée, une Feuille de route claire en sortira et la situation se stabilisera ».
D’après le Chef de l’État, de la concertation nationale découlera « une Feuille de route qui mettra en place un cadre pour conduire la Refondation et qui mènera vers les élections pour instituer la 5e République ». Dans le Programme de la Refondation remis à la SADC, il est indiqué que le respect du délai de vingt-quatre mois pour la Transition dépend du contexte national. Il y est aussi souligné que la concertation nationale est souveraine. Les décisions qui y sont actées peuvent ainsi bousculer l’organisation étatique actuelle, ainsi que les différentes échéances programmées.
Garry Fabrice Ranaivoson
