Qui l’eût cru ! Un miracle selon les habitants de Toliara, vu que le désordre, les ordures, les bouchons de cyclo-pousses, le mauvais état des rues et des ruelles de la ville sont devenus un paysage habituel de la cité du soleil. Depuis hier, des travaux de terrassement des rues principales comme celles devant le stade Maître Kira à Andaboly et au marché de Scama jusqu’à Ankilifaly ont démarré. De gros engins ont décapé le peu de bitume qui y restait et ont fait des va-et-vient afin de rendre le dessus de l’infrastructure routière sur un même niveau.
L’autre changement constaté est qu’aucun commerçant de rue n’est aperçu sur les trottoirs séparateurs de voies, partant d’Ankilifaly, passant par Scama et jusqu’à la sortie du marché, au niveau de l’aumônerie de Betania. Ces trottoirs sont, depuis des années, squattés par les commerçants, notamment les soirées pendant lesquelles les vendeuses de poisson sont très présentes. Elles n’ont en effet nulle part où aller, vu que l’espace qui leur est réservé à l’intérieur du marché est trop petit.
Dernièrement, l’endroit est bouché par des eaux boueuses et puantes. Puisque les poissons arrivent vers 16 h au port de Mahavatse, Ankiembe et de Belalanda principalement, ces produits se vendent surtout en soirée. Et il n’y a pas d’éclairage à l’intérieur du marché de Scama, et les vendeuses profitent ainsi des éclairages publics « cobra » qui longent les trottoirs.
L’initiative ainsi que les ressources mobilisées pour ces travaux de réaménagement sont à mettre sur les exploits de la région Atsimo-Andrefana. Le nouveau chef de région, le général Olivier Miandrisoa, est indiqué avoir remué ciel et terre pour entamer ces travaux qui sont d’une grande aide pour redorer l’image de la ville de Toliara. Le nouveau venu collabore avec la commune urbaine de Toliara et des opérateurs économiques. « Pour ce début, nous avons offert des sacs de ciment, 100 l de gasoil et des débris de carrière. D’autres aides matérielles suivront », explique un représentant de l’association Kohja Social de Toliara, une des entités qui collaborent avec les autorités dans ces travaux.
Les axes Ankilifaly-stationnement, Ankilifaly-Jirama, qui sont en piteux état, sont prévus au programme.
« La rue devant le stationnement fait encore partie de la RN7, c’est-à-dire que c’est l’entrée de la ville, alors que les trous font un mètre de profondeur et une vingtaine de mètres de longueur, ce qui défraîchit de suite les touristes étrangers et les nouveaux arrivants par taxi-brousse », explique un habitant d’Andabizy, qui fait le chemin vers la ville tous les matins.
Des embouteillages monstres de cyclo-pousses et de véhicules sont le lot quotidien de ceux qui empruntent cet axe. Jusqu’ici, la rue « Don Bosco » à Mahavatse n’est pas concernée par les travaux de réaménagement, alors qu’aucun morceau de goudron n’est plus visible sur près de 2 km menant vers Motombe. C’est la rue appelée « la rue infernale » dans la ville de Toliara, car elle n’est pas accessible en période de pluies.
De même, la rue du « bazar de poissons » de Mahavatse est également dans un état catastrophique. Elles font pourtant l’objet de promesses à chaque élection municipale et parlementaire. Le projet Pôle intégré de croissance (PIC) prévoyait de toucher à ces rues, outre le réaménagement total du bord de Mahavatse.
Mirana Ihariliva