Fonds souverain pour les générations futures

Suite et fin

Selon Worldometers, la Norvège détient 6.912.490.000 barils de réserve de pétrole prouvées en 2025. Cette réserve correspond à 80,8 fois la consommation annuelle du pays : cela signifie que, sans exportations nettes, il lui resterait 81 années de pétrole aux niveaux de consommation de 2024 (234.358 barils/jour). La consommation (pour une population de 5.576.660 personnes) se situe à 15 barils par habitant par an. Une «sobriété» qui lui assure un excédent quotidien de 1.772.516 barils. La production avait atteint son pic en 2001 (3.402.936 Millions Barils Jour) : 2.007.167 MBJ en 2020, 2.006.874 MBJ en 2024 : la courbe de la manne des ressources limitées du pétrole et du gaz pointe doucement vers le bas. C’est inexorable, mais c’était prévu. 

Alors que Madagascar espère devenir un producteur de pétrole, statut qui peut être une «bénédiction» autant qu’une «malédiction», il n’est pas inutile d’apprendre des expériences d’autrui, surtout qu’en ce qui concerne les «cheikhs aux yeux bleus», on parle de «modèle norvégien».

Il y a 25 ans, «Le Courrier ACP-UE» (janvier-février 2002) détaillait déjà ce success story : «En trois décennies à peine, le royaume de Norvège est devenu le sixième producteur pétrolier mondial (12ème en 2024) et le troisième exportateur derrière l’Arabie saoudite et la Russie. La modération, le développement durable et la nécessité d’un partage équitable grâce à une politique sociale avancée, ont constitué les principes de base de gouvernements successifs en Norvège, de droite comme de gauche. La pauvreté et le sous-développement ont caractérisé la Norvège jusqu’à la fin du 19ème siècle. À l’issue de la Grande guerre, la Norvège était encore, avec le Portugal, le pays le plus pauvre de l’Europe occidentale. Dès le début, les Norvégiens ont choisi : les ressources sous-marines étaient considérées propriété de l’État et du peuple norvégien et placées sous gestion et contrôle national. Le Storting, le parlement norvégien, a le dernier mot pour tout ce qui touche aux hydrocarbures. Il s’est décidé très tôt en faveur d’une participation de 50% de l’État dans toutes licences accordées aux compagnies pétrolières. Les accords conclus avec les compagnies pétrolières étrangères comportaient dès le départ des clauses prévoyant le transfert de technologies au pays hôte et la formation du personnel norvégien. En 1990, le Storting a créé le Fonds pétrolier du gouvernement. Ce Fonds, un compte spécial à la Banque de Norvège, est alimentée par la totalité des revenus de l’État du secteur pétrolier, et ces ressources sont investies à l’étranger». 

Tout récemment, le 29 janvier 2026, le journal Les Échos s’extasiait : «Le fonds souverain norvégien est aujourd’hui le plus important fonds d’investissement étatique. Les actifs gérés par le fonds norvégien, à la fin de l’année 2025, ont atteint la somme colossale de 2.200 milliards de dollars (1.858 milliards d’euros). Ils représentent aujourd’hui plus de quatre fois le produit intérieur brut de la Norvège. S’il était un État, le fonds se classerait en dixième position au niveau du PIB, derrière le Canada et juste devant le Brésil. En 2025, le fonds a gagné 2.362 milliards de couronnes (206 milliards d’euros ou 247 milliards de dollars). Cela correspond à une plus-value de 565 millions d’euros par jour. Les placements en actions, qui représentaient 71,3% du portefeuille du fonds à la fin 2025 ont rapporté 19,3%. Le fonds est investi dans quelque 7.200 entreprises dans 60 pays. À lui seul, il détient environ 1,5% de toutes les sociétés cotées sur la planète». 

Nasolo-Valiavo Andriamihaja 

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne