La délégation spéciale qui dirigera la Commune urbaine d’Antananarivo est nommée. À la présidence siège le député Fenoherintsoa Ralambomanana.
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| Le député Fenoherintsoa Ralambomanana est propulsé à la tête de la CUA. |
Le parti Tiako i Madagasikara (TIM) revient aux manettes d’Antananarivo. C’est ce qui ressort de l’arrêté signé par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, publié hier. L’acte met en place la délégation spéciale qui dirigera la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), avec le député Fenoherintsoa Ralambomanana comme président, ou PDS.
Le député Ralambomanana est élu au nom du TIM dans le 3e arrondissement de la capitale. Ce choix pourrait être une réponse aux revendications de cette formation, qui se réclame d’avoir gagné les municipales dans la capitale. Selon les indiscrétions, le député Ralambomanana serait celui qui ferait le plus consensus entre les dirigeants du pouvoir de la Refondation de la République et l’ancien parti au pouvoir.
L’épouse du nouveau PDS de la ville des Mille serait une des proches collaboratrices de la Première Dame, Elisa Randrianirina. Quoi qu’il en soit, Fenoherintsoa Ralambomanana remplace donc Harilala Ramanantsoa, maire sortante. Cette dernière a été obligée de quitter son poste à la suite de la décision du Conseil d’État. Dans sa décision du 9 mars, il casse et annule les résultats des élections du maire et des conseillers municipaux à Antananarivo.
Le Conseil d’État a également ordonné la tenue de nouvelles élections municipales dans la capitale. Selon la loi sur les Collectivités territoriales décentralisées (CTD), modifiée en 2021, de nouvelles élections doivent ainsi être organisées dans les neuf mois après la notification de la décision judiciaire au ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. D’ici là, le texte prévoit la mise en place d’une délégation spéciale.
Coudée franche
Outre Fenoherintsoa Ralambomanana, deux vice-présidents composent le triumvirat de la délégation spéciale de la capitale, à savoir Nirina Thierry Ralaiarison et Ny Hery Mananjara Ranaivoson. À s’en tenir aux discours des tenants du pouvoir, il ne devrait pas y avoir d’élections avant la fin de la concertation nationale, du vote d’une nouvelle Constitution, de la refonte du cadre légal des élections et même l’élection d’un nouveau président de la République.
Le PDS et ses vice-présidents pourraient ainsi avoir du temps pour faire leurs preuves aux manettes de la CUA. En principe, ils devraient en plus avoir la coudée franche puisque la décision du Conseil d’État a également eu pour effet une dissolution de facto du Conseil municipal de la ville des Mille. Par ailleurs, le PDS a toutes les prérogatives d’un maire élu.
Particulièrement virulent du temps où il était dans l’opposition, le député du 3e arrondissement d’Antananarivo a donc l’occasion de faire ses preuves et de démontrer toutes ses compétences. Il aura du grain à moudre. Ce ne sont pas les défis qui manquent dans la capitale. Avec les problèmes d’assainissement, l’anarchie sur les voies publiques, l’urbanisme sens dessus dessous ou encore l’incivisme des habitants, ceux qui aspirent à revoir briller Antananarivo pourraient ne pas lui accorder de période de grâce.
Garry Fabrice Ranaivoson
