COMMERCE ILLÉGAL - Les ventes illicites de médicaments prolifèrent

Des médicaments sont vendus comme de simples articles.

« J’ai recherché un médicament en urgence, mais il était introuvable dans les pharmacies. On m’a conseillé de me rendre à Ambohipo, car là-bas, il y en aurait toujours», témoigne le proche d’un malade en quête de traitement urgent.

Dans plusieurs quartiers d’Antananarivo, notamment à Isotry et Ambohipo, des circuits informels de vente de médicaments se développent. Sur place, différents produits sont proposés à bas prix, allant des vitamines aux protéines, en passant par d’autres compléments. « Venez voir, j’ai une boîte de vitamines, vous en voulez ? », peut-on entendre de la part de certains vendeurs, illustrant une commercialisation quasi libre de ces produits. Dans plusieurs épiceries de la capitale, des médicaments se vendent également comme des produits de première nécessité.

Selon le Dr Hoby Sitraka Ravelomampianina, directeur de l’Agence du médicament de Madagascar (AMM), ces circuits non autorisés présentent toutefois de sérieux risques. « Il est vrai que l’on peut parfois trouver des médicaments à des prix inférieurs à ceux pratiqués en pharmacie, notamment auprès de vendeurs illicites. Cependant, ces circuits ne sont pas autorisés. Les conditions de conservation des produits ne sont pas connues et leur qualité n’est pas garantie. La prudence est donc de mise, car un médicament censé soigner peut s’avérer inefficace, voire dangereux», a-t-il indiqué lors du 31e Congrès de la Fédération Pharmaceutique de l’océan Indien, tenu au Centre de conférences internationale (CCI) d’Ivato.

Approche multisectorielle

Les autorités rappellent que seuls les circuits officiels agréés garantissent la fiabilité des médicaments. En dehors de ces réseaux, l’authenticité des produits ne peut être assurée. « Ils peuvent être contrefaits ou provenir de sources non autorisées. Par ailleurs, l’indisponibilité de certains médicaments peut être liée à des contraintes de production. Dans ce cas, rien ne garantit que les produits vendus illicitement proviennent de fabricants autorisés », précise le directeur de l’AMM.

Sur le plan économique, les autorités expliquent également que la majorité des médicaments consommés à Madagascar sont importés. Par conséquent, toute variation des prix à l’étranger ou des coûts de fret impacte directement le marché local. Des marges réglementaires sont néanmoins fixées afin d’encadrer les bénéfices des distributeurs et grossistes.

La lutte contre les circuits illicites, quant à elle, nécessite une approche multisectorielle impliquant plusieurs départements ministériels. Les autorités appellent à la vigilance. Seuls les circuits officiels garantissent la sécurité des médicaments. La lutte contre ce phénomène reste un enjeu collectif.

Mialisoa Ida

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