CEO SUMMIT - La transformation locale comme levier de développement

Clap de fin pour la deuxième édition du CEO Summit. Plusieurs résolutions ont été prises lors de cette édition, avec un accent particulier sur la transformation locale pour Madagascar.

Les officiels lors de la clôture du CEO Summit.

Vieux démons, nouveau paradigme. L’État entend miser sur la transformation locale pour créer de la valeur et des emplois. C’est ce qui en ressort de la seconde édition du CEO Summit qui s’est déroulé pendant deux jours au Novotel Alarobia. Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ministre de l’Industrialisation et du Développement du Secteur privé, donne le ton. « Pour accompagner le secteur privé, nous devons soutenir la production et la transformation locale », a-t-il déclaré à la fin de la restitution des travaux du CEO Summit hier à Alarobia. 

Le secteur privé a, de son côté, plaidé pour une implication plus poussée des pouvoirs publics dans le processus de la relance économique et industrielle. Et pourtant, des bases ont été posées depuis quelques années, notamment avec le pacte pour l’industrialisation qui vise justement à porter le poids des industries à 30 % à l’horizon 2040.

Un objectif ambitieux, puisque les données de l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel indiquent que l’industrie malgache accuse encore un retard significatif par rapport aux autres pays en développement.

Pistes

 Les chiffres évoquent eux-mêmes cette réalité. En 2023, la contribution du secteur manufacturier au PIB n’était que de 12,8 %, et celle de l’ensemble du secteur secondaire s’élevait à 15 %. Ce retard est confirmé par le classement international, où Madagascar occupe le 129e rang. 

Mais pour miser sur la transformation locale, le secteur privé a déjà donné les pistes à emprunter. En premier lieu, « des règles du jeu claires » comme l’a souligné Tiana Rasamimanana, le président du Syndicat des Industries de Madagascar, lors de cette édition. Un cri d’appel rallié par le secteur privé qui réclame aussi de meilleures infrastructures et la réhabilitation des Routes nationales. Des réclamations longtemps répétées et qui, pourtant, n’ont pas été réalisées depuis des années et jusqu’à présent. 

Maintenant, les décideurs ont affiché leur ambition de mettre en place des actions concrètes, au lieu de réciter les mêmes litanies. 

« Acta non verba » a souligné hier le patron du SIM. Le temps est désormais à l’action. Les dirigeants d’entreprises semblent déterminés à aller de l’avant, nouer des partenariats stables et à promouvoir les manufactures locales.

C’est un moment charnière du développement puisque les chaînes de valeurs sont remodelées, en raison de la conjoncture mondiale actuelle. L’océan Indien et la Grande île peuvent s’avérer être de nouveaux pôles de croissance pour les investissements si les décideurs et acteurs économiques sont disposés à transformer les défis en opportunités.  

Itamara Otton

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