Après le spectaculaire PSG-Bayern (5 buts à 4), les plus grands journaux sportifs européens avaient les superlatifs unanimes : un match qui réconcilie avec le football, aux antipodes du catenaccio qui «verrouille» avec dix défenseurs faisant rempart et se souciant surtout de ne pas prendre un seul but. Le PSG et le Bayern partagent donc une même philosophie : marquer toujours plus que l’adversaire et assurer le spectacle.
Le football incline rarement à l’objectivité et on peut donc apprécier cette confrontation en verre à moitié vide ou à moitié plein : «le PSG a mis 5 buts à l’autre meilleure équipe d’Europe» ou le «Bayern a marqué 4 buts sur le terrain du Champion d’Europe en titre». Un paquet de buts qui ne compteront pas double depuis l’annulation de la règle du but à l’extérieur en 2021, et un autre PSG-Bayern (2-3, 0-1).
Certains n’ont pas hésité à parler d’une «nouvelle ère», oubliant sans doute trop facilement le «football total» dont l’apôtre fut Johann Cruyff, entraîneur du FC Barcelone de 1988 à 1996 où il a imprimé ce credo. Si Luis Enrique, l’actuel entraîneur du Paris Saint-Germain, a évolué au Camp Nou (1996-2004) avant d’entraîner les Blaugranas (2014-2017), son homologue du Bayern Munich, Vincent Kompany avait longtemps joué sous la houlette d’un autre ancien du Barça, Pep Guardiola, à Manchester City. Dans ce choc entre Parisiens et Bavarois, il y avait comme un fort accent catalan.
C’est pourtant une interview de Karl-Heinz Rummenigge, ancien attaquant et actuel membre du Directoire du Bayern, qui rappelle la nette différence d’approche entre la prudence financière du Bayern (30 exercices bénéficiaires consécutifs pour en faire un des cinq clubs les plus riches au monde) et la munificence exubérante du PSG sur le marché des transferts : en 2023, le club bavarois a investi 100 millions d’euros pour s’attacher les services de Harry Kane, réalisant le transfert le plus cher de l’histoire de la Bundesliga, tandis que le PSG a dépensé (presque) sans compter les pétrodollars qataris : 222 millions d’euros pour Neymar, 180 millions d’euros pour Mbappé...
«Avec nos moyens, nous obtenons de bons résultats», se vante Rummenigge : «des succès sportifs, mais avec une gestion financière saine et responsable». De «bons résultats» qui ne sont jamais suffisamment bons pour les fans désespérés de voir «leur» Bayern perdre parce qu’après le départ du prolifique Robert Lewandowski (69 buts en 78 matches de Ligue des Champions avec le Bayern), les dirigeants bavarois ont fait des économies avec un attaquant très moyen comme Choupo-Moting, plutôt que de recruter tout de suite un Harry Kane (32 buts en 37 matches de Ligue des Champions avec le Bayern).
Et la morale de l’histoire en forme d’adoubement par «Kalle» : «Depuis l’arrivée de Luis Enrique, comme entraîneur en 2023, le PSG est une équipe de très haut niveau, construite avec beaucoup d’intelligence. Paris a prouvé une chose essentielle : on ne peut pas tout acheter, il faut aussi construire une équipe avec patience».
Nasolo-Valiavo Andriamihaja
Et oui Paris SG a renoué avec le football total version 21ème siècle privilégiant le collectif . Le départ de Mbappé au Real qui était une poisse pour cette équipe tout comme Neymar . Luis Enrique a inculqué un autre management et les Ultras du parc des princes sont aux anges . Le Bayern d'aujourd'hui est à l'image de l'Europe métamorphosée moins recroquevillée mais ouverte désormais à des talents d'ailleurs . Tant mieux pour ce sport roi qui s'éloigne des idées populistes et nationalistes et ce n'est pour rien peut être si l'Italie ne sera pas au Mondial , une coïncidence fâcheuse avec Meloni au pouvoir !
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