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| Chloé Soafaniry Ramanankasina présente une installation artistique centrée sur la tresse comme expression identitaire. |
À l’Institut Français de Madagascar, l’artiste explore l’identité malgache à travers une exposition intime et engagée autour de la tresse.
Derrière chaque tresse se cache une histoire, une mémoire et une quête de soi. Avec son exposition « Renouer les tresses de son identité », Chloé Soafaniry Ramanankasina livre une œuvre profondément personnelle, où l’art devient un espace de réflexion sur l’identité et la perception de soi. Le vernissage s’est tenu ce samedi à l’Institut Français de Madagascar, marquant le retour de l’artiste auprès du public malgache après une immersion artistique à l’international.
Lauréate de la 9e édition du Prix Paritana, Chloé Soafaniry Ramanankasina présente ici l’aboutissement d’un travail amorcé lors de sa résidence à la Cité internationale des arts à Paris, suivi d’une première restitution à la Fondation H en décembre 2025. Cette exposition, ouverte au public du 25 avril au 30 mai 2026 dans la galerie de l’IFM, constitue une étape majeure dans son parcours artistique.
Au cœur de cette démarche, un message fort: la tresse dépasse le simple geste esthétique pour devenir un langage identitaire. L’artiste explique que son départ en France lui a permis de prendre du recul et de porter un regard nouveau sur elle-même et sur sa culture. À travers les œuvres exposées, elle évoque une prise de conscience personnelle, révélant que l’identité se construit progressivement, à travers des gestes répétés et transmis, à l’image du tressage. Elle insiste également sur la dimension collective de cette construction, où les liens avec les autres jouent un rôle fondamental.
Cette réflexion trouve son origine dans son parcours personnel. Partie de Madagascar en 2018 pour poursuivre des études en école d’art, elle s’est interrogée sur sa place et son identité en tant que Malgache. Elle a notamment observé une forme de hiérarchie des cheveux dans la société, où les cheveux lisses sont souvent mieux valorisés que les cheveux crépus. Face à ce constat, elle a cherché à revaloriser les caractéristiques propres aux cheveux malgaches en s’intéressant à la culture du tressage.
Son travail s’est construit progressivement, débutant par des dessins de coiffures traditionnelles, avant de s’élargir à la création d’objets, à la photographie et au photomontage. L’exposition actuelle marque une évolution importante, puisqu’elle présente pour la première fois une installation d’envergure centrée sur cette thématique.
Cassie Ramiandrasoa
