Chaque année, des milliers de migrants en situation irrégulière tentent de rejoindre Mayotte au péril de leur vie, bravant les eaux dangereuses du canal du Mozambique. Entre espoir d’une vie meilleure et drames humains à répétition, ce phénomène migratoire continue d’alimenter tensions, enjeux sécuritaires et débats politiques dans la région.
Auparavant concentrées à Nosy Be et Ambanja, les tentatives de migration clandestine vers Mayotte gagnent désormais du terrain dans la partie Nord de la région Diana. À Ampasindava, dans le district d’Antsiranana-II, une opération de la gendarmerie a récemment permis d’intercepter trente-trois personnes prêtes à embarquer, révélant l’ampleur croissante d’un phénomène aux enjeux sécuritaires préoccupants.
Un nouveau point de départ pour l’immigration clandestine vers Mayotte semble émerger dans la région Diana. Selon la Gendarmerie nationale de la brigade territoriale d’Antsiranana, c’est désormais dans la partie Ouest du district d’Antsiranana-II, précisément à Ampasindava, commune rurale de Mangaoko, que des candidats à l’exil tentaient leur chance, le 31 mars dernier.
L’alerte a été donnée par un citoyen, permettant aux éléments de la brigade territoriale d’Antsiranana d’intervenir rapidement. Sur place, les Forces de l’ordre ont intercepté une embarcation de type hors-bord, baptisée EXORO, sur le point de prendre la mer avec à son bord trente-trois passagers.
Parmi eux, vingt-sept étaient de nationalité malgache, tandis que six autres, d’origine étrangère — deux Somaliens, deux Rwandais, un Burundais et un Ougandais —, étaient en situation régulière sur le territoire malagasy, munis de visas en règle.
L’opération, menée par six gendarmes déployés depuis les postes de Mangaoko et de la compagnie salinière, sous la direction du commandant de brigade, a également permis la saisie de 460 litres de carburant répartis dans vingt-trois bidons. Un volume révélateur de la préparation logistique de cette traversée à haut risque.
Les trente-trois individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Une procédure judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités de chacun et d’identifier les éventuels organisateurs de ce réseau clandestin.
Depuis novembre 2025, au moins trois cas similaires ont été recensés dans la région, confirmant une tendance inquiétante. « L’embarcation utilisée est de petite taille par rapport au nombre de passagers, comme ce fut le cas lors de l’interception à Ampasindava, expliquant la dangerosité de ces traversées », souligne la brigade territoriale de la Gendarmerie nationale d’Antsiranana.
Raheriniaina