Face à la prolifération des kiosques illégaux dans la capitale, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) intensifie ses opérations d’assainissement.
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| Lors de l’opération de démantèlement d’installations illégales menée la semaine dernière à Ankorondrano. |
La prolifération des kiosques non autorisés continue de poser un sérieux défi en matière d’assainissement urbain dans la capitale. Installées de manière anarchique, ces structures envahissent progressivement l’espace public. Elles entravent la circulation des piétons et compromettent la salubrité de plusieurs quartiers d’Antananarivo.
Dans certains secteurs, les trottoirs sont totalement obstrués, obligeant les passants à partager la chaussée avec les véhicules. D’autres kiosques sont implantés au-dessus des canaux et des réseaux d’évacuation, aggravant les risques d’insalubrité et d’inondation.
Face à cette situation, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) intensifie ses opérations d’assainissement à travers le démantèlement progressif de ces installations illégales. Une opération en ce sens a été menée la semaine dernière. Les autorités locales affirment intervenir dans le respect des procédures en vigueur. Selon un communiqué publié la semaine dernière par la CUA, « les occupants ont été informés au préalable de la réglementation, ont bénéficié d’un délai d’au moins 48 heures pour procéder à l’enlèvement de leurs kiosques, et des solutions de relocalisation leur ont été proposées », indique-t-elle.
Responsabilité collective
Sur le terrain, les riverains saluent globalement ces actions, tout en décrivant une situation devenue difficile au quotidien. « Les trottoirs sont complètement occupés. On est obligés de marcher sur la route, ce qui est dangereux, surtout aux heures de pointe », témoigne Nomenjanahary, résident à Anosy. D’autres soulignent les problèmes d’hygiène : « Certains kiosques bloquent les canaux d’évacuation. À chaque pluie, l’eau stagne et les ordures s’accumulent. »
Si la mesure est jugée nécessaire par une partie de la population, d’autres contestent la décision. « Il ne faut pas seulement enlever. Beaucoup de ces commerçants n’ont pas d’autres moyens de subsistance. Il faut aussi penser à leur relocalisation durable », estime une riveraine.
De son côté, la CUA insiste sur le caractère indispensable de ces opérations pour restaurer l’ordre urbain, améliorer l’hygiène et sécuriser les espaces publics. La municipalité appelle à la responsabilité collective afin de préserver un cadre de vie sain et accessible à tous.
Au-delà des démantèlements, le principal enjeu pour la capitale reste de trouver un équilibre entre l’assainissement de la ville et des solutions durables pour les commerçants.
Mialisoa Ida
