Le ministère de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé (MIDSP), Riana Nampoina Raharimanjato, a effectué une mission de supervision sur le site de la société sucrière Sucoma, ex-Sirama Ambilobe, en fin de semaine.
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| La délégation ministérielle a été surprise par la vetusté des infrastructures et matériel de l’usine. |
Sur le terrain, le constat est sans appel, la société fait face à une accumulation de difficultés qui alimentent un climat de méfiance généralisée. Menaces de grève récurrentes des ouvriers, revendications salariales non satisfaites, rumeurs persistantes et déficit de communication… autant de facteurs qui fragilisent la stabilité de l’entreprise.
Pour tenter d’apaiser la situation, une réunion préalable a réuni, dans la ville d’Ambilobe, autour d’une même table, autorités locales, représentants de l’État, dirigeants chinois de la société productrice de sucre, syndicats d’ouvriers et de planteurs.
Parmi les principaux problèmes identifiés figure la contestation du logiciel de paie, mis en cause par les ouvriers malgré sa validation technique. À cela s’ajoutent des revendications liées aux majorations du travail dominical et aux indemnités jugées insuffisantes.
Le climat social est également pollué par la propagation de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux, exacerbant les tensions entre les différentes parties. Dans ce contexte, un individu accusé d’incitation à la haine et à la grève a été arrêté, tandis qu’une enquête judiciaire est en cours.
Sur le plan économique, les planteurs dénoncent un prix trop bas de la canne à sucre, ravivant les tensions avec les usiniers. Par ailleurs, des problèmes structurels comme la divagation des bœufs, les conflits communautaires ou encore les pratiques abusives lors des embauches saisonnières aggravent la situation.
La mission ministérielle a également mis en lumière une insécurité croissante: actes de vandalisme, pillages, incendies de plantations et vols de biens de la société. En réponse, un renforcement des dispositifs de sécurité est prévu, avec mobilisation des forces de l’ordre et intensification des patrouilles.
Un autre point sensible est la cohabitation difficile entre les dirigeants expatriés chinois et la communauté locale, marquée par des accusations d’abus d’autorité.
Par ailleurs, l’occupation illégale de terrains appartenant à la Sirama et le manque d’infrastructures sociales (écoles, centres de santé, éclairage public) traduisent une responsabilité sociétale jugée insuffisante. Sans parler de l’état de la route menant vers l’usine, devenue déplorable.
Des pistes de sortie de crise
Face à cette situation complexe, plusieurs mesures ont été proposées durant la réunion avec les personnels et les dirigeants chinois. Entre autres, l’organisation de sessions de formation sur le logiciel de paie ; la mise en place de mécanismes de vérification entre pointages et salaires ; le lancement de campagnes d’information pour lutter contre la désinformation ; l’ouverture de négociations encadrées sur le prix de la canne à sucre ; des actions de médiation communautaire, incluant les autorités traditionnelles…
Pour éviter une dégradation de la situation, le ministère appelle à une mise en œuvre rapide des mesures correctives, un suivi rigoureux des engagements et une implication accrue des autorités locales et régionales.
« Les opérateurs étrangers ne sont que des locataires, tandis que l’entreprise reste une propriété malgache. J’appelle donc à un sursaut de responsabilité collective et à un changement de mentalité afin d’éviter une situation similaire à celle de Morondava, où de nombreux travailleurs se retrouvent aujourd’hui sans emploi. J’invite également tous les acteurs à privilégier le dialogue et à éviter les mouvements de grève improductifs, au profit d’un véritable élan de développement », a déclaré le ministre.
Raheriniaina
